Cartelle est bien l'une des difficultĂ©s majeure; auxquelles est affrontĂ©e la recherche informatique, que cette rationalitĂ© minimale, adaptative, transfĂ©rable d'un domaine Ă  un autre, soit prĂ©cisĂ©ment ce dont il n'est encore aucune simulation concevable (D. Bennett, 1985). Et peut-ĂȘtre comprendra-t-on un jour, par quelque principe de complĂ©mentaritĂ©, qu'une logique naturelle Louverture visĂ©e fin 2020 est dĂ©calĂ©e elle aussi d’un an avec une ouverture sur la fin d’annĂ©e 2021 pour les professionnels et une ouverture “grand public” en 2022. Lanalogie aile d'oiseau aile d'avion est plutĂŽt pertinente je pense mais en soit est-ce que c'est une mauvaise chose? Les deux fonctionnent parfaitement pour ce quoi elles sont conçues. On Lintelligence artificielle : C’est la rĂ©plique (ou tentative) de l’intelligence humaine par des ordinateurs. Ainsi, lorsque nous parlons d’intelligence artificielle, nous mĂ©langeons parfois l’IdĂ©e et l'outil. Le Big data : C’est l’ensemble des donnĂ©es produites dĂšs que nous utilisons des interfaces numĂ©riques, stockĂ©es par Unefibre artificielle peut-ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme chimique car les fibres naturelles sont transformĂ©es pour amĂ©liorer leurs capacitĂ©s (rĂ©sistance, etc). Les substances utilisĂ©es peuvent ĂȘtre naturelles ou chimiques (c’est lĂ  que tout se joue). De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, elles s’usent moins que les fibres naturelles. Vay Tiền Nhanh Chỉ Cáș§n Cmnd Nợ Xáș„u. quelle est la diffĂ©rence entre le marbre naturel et le marbre artificiel ? la pierre de marbre naturelle est destinĂ©e Ă  ĂȘtre l'un des meilleurs matĂ©riaux de construction Ă  usage architectural , avec son marbre Ă©lĂ©gant texture et variĂ©tĂ©s, tandis que le marbre artificiel, copiĂ© Ă  partir de couleurs de marbre naturel, est encore meilleur que le nat marbre d'oural sous certains aspects. donc, les marchands de pierres sont parfois perplexes entre les marbres naturels et artificiels. voici quelques-uns des facteurs de diffĂ©renciation qui vous aident Ă  faire le bon choix entre les deux types de marbres. 1. choix de motifs de couleurs le marbre naturel a des couleurs diffĂ©rentes en fonction de la prĂ©sence d'impuretĂ©s dans le calcaire. le marbre artificiel, au contraire, est conçu et fabriquĂ© pour avoir des couleurs et des motifs polyvalents avec des techniques de production et des pigments de couleur variĂ©s, qui amĂ©liorent diversitĂ© de sĂ©lection. cependant, le marbre artificiel ne peut'pas rivaliser avec le marbre naturel en termes de couleur, texture, grain, et brillance. 2. entretien le marbre naturel est une pierre luxueuse, nĂ©cessaire avec un coĂ»t d'entretien Ă©levĂ©. c'est une pierre dure mais faible et peut s'estomper ou s'Ă©cailler aprĂšs un certain temps. donc, il est souvent recommandĂ© de l'avoir cirĂ© tous les six mois. les propriĂ©taires de marbre naturel doivent Ă©viter de renverser de l'huile, des substances acides, ou des nettoyants non compatibles avec le marbre car il peut facilement endommager la surface de la pierre. tandis que le marbre artificiel, sur th D'autre part, est une substance non poreuse qui nĂ©cessite moins d'entretien et d'entretien. les matiĂšres premiĂšres de la rĂ©sine et le processus de crĂ©ation du marbre artificiel le rendent rĂ©sistant aux taches d'huile,. mĂȘme les nettoyants ordinaires sont compatibles avec marbres artificiels. 3. poids par rapport au marbre naturel,, les marbres artificiels sont comparativement plus minces et plus lĂ©gers, permettant ainsi une portabilitĂ© facile. son poids lĂ©ger facilite l'installation et amĂ©liore les Ă©conomies de coĂ»ts. 4. homogĂ©nĂ©itĂ© chaque marbre naturel est diffĂ©rent en raison de ses impuretĂ©s et de son processus naturel de formation, et les chances de trouver une paire exacte sont rares. cependant, les marbres artificiels sont homogĂšnes dans un mĂȘme bloc et mĂȘme dans le mĂȘme temps de production, et les acheteurs peuvent trouver une plĂ©thore d'Ă©chantillons similaires pour la mise en Ɠuvre. en plus, les marbres artificiels ont une uniformitĂ© double face, donc la mise en Ɠuvre dĂ©pend de la prĂ©fĂ©rence de l'acheteur. 5. rĂ©sistance Ă  la chaleur le marbre naturel est formĂ© par l'activitĂ© gĂ©ographique, subissant une chaleur et une pression immenses, tandis que les marbres artificiels manquent de rĂ©sistance Ă  la chaleur. le mĂ©lange pour crĂ©er du marbre artificiel comprend de la colle, qui risque de fondre ou de brĂ»ler Ă  haute tempĂ©rature. 6. prix le marbre naturel est cher car c'est une pierre premium dont la taille, l'extraction, et la disponibilitĂ© la rendent coĂ»teuse. au contraire, le marbre artificiel est moins cher car il peut ĂȘtre facilement créé dans une carriĂšre avec un mĂ©lange de peu d'Ă©lĂ©ments et solidifiĂ© dans un moule. 7. mise en place Ă©tant une pierre dure, le marbre naturel nĂ©cessite une main-d'Ɠuvre qualifiĂ©e pour l'installation, ou bien cela conduit au gondolage, Ă  la fissuration, Ă  la dĂ©coloration, et Ă  l'Ă©clatement des veines du marbre. cependant, Ă  la coupe, l'installation, et l'ajustement du marbre artificiel se font sans tracas car ils sont moins fragiles. Corps naturel, corps artificiel » ThĂšme concernant l’enseignement de culture gĂ©nĂ©rale et expression » en deuxiĂšme annĂ©e de section de technicien supĂ©rieur en vue des sessions 2018-2019. Ouvrages conseillĂ©s > Corps naturel, corps artificiel. Anthologie. Flammarion 2017 Étonnants classiques » > Des nouvelles de mon corps 9 nouvelles contemporaines sur le thĂšme au programme. Flammarion 2017 Étonnants classiques » sĂ©ance introductive Maquette graphique © septembre 2017, Bruno Rigolt D’aprĂšs RenĂ© Magritte 1898-1967, La tentative de l’impossible », 1928 Huile sur toile. © Adagp, Paris 2016 © Photothèque R. Magritte / Banque d’Images, Adagp, Paris, 2016 / Pro Litteris – Le corps est l’une des donnĂ©es constitutives et Ă©videntes de l’existence humaine c’est dans et avec son corps que chacun de nous est nĂ©, vit, meurt ; c’est dans et par son corps qu’on s’inscrit dans le monde et qu’on rencontre autrui. » Michela Marzano, La Philosophie du corps, PUF Paris 2007 Que sais-je ? » n° 3777. Le corps, c’est l’existence rĂ©alisĂ©e, l’existence est une incarnation perpĂ©tuelle. Tout ce que je suis, je le suis comme situĂ©, comme ĂȘtre au monde dont le corps est la maniĂšre d’ĂȘtre. Le corps est ainsi Ă  la fois position et exposition. » GeneviĂšve Comeau dir., Le Corps. Coll. Ce qu’en disent les religions » Les Ă©ditions de l’atelier/ Éditions ouvriĂšres, 2001 page 23. Ainsi chaque corps organique d’un vivant est une espĂšce de machine divine, ou d’un Automate naturel, qui surpasse infiniment tous les automates artificiels. » Leibniz, Monadologie, § 64 In Leibniz, Discours de mĂ©taphysique, Essais de thĂ©odicĂ©e, Monadologie. Flammarion, Paris 2008, page 814. COTE CDI 1 LEI ① Le nouveau thĂšme proposĂ© Ă  l’examen du BTS invite Ă  un questionnement majeur comment penser le corps ? Comment l’apprĂ©hender, le reprĂ©senter ? Quelle est notre relation au corps, envers nous-mĂȘme, envers le corps d’autrui et envers les systĂšmes de normes, les imaginaires individuel et collectif qui rĂ©gissent les sociĂ©tĂ©s ? Le corps biologique, matĂ©riel que nous avons reçu Ă  notre naissance, implique tout d’abord une dĂ©termination de l’homme par la nature le corps humain est ainsi le support de l’individu naturel », ou comme le dit le philosophe Aristote 384-322 av. une substance », une rĂ©alitĂ© concrĂšte, tangible en dehors de toute rĂ©fĂ©rence spirituelle, morale ou esthĂ©tique. Mais le corps se fait Ă©galement l’écho des valeurs d’une Ă©poque corps souffrant ou triomphant ; corps ridĂ©, courbĂ©, avachi ou au contraire juvĂ©nile, redressĂ©, dynamique
 Ainsi, les attitudes corporelles accompagnent, soulignent, amplifient les conduites sociales le corps est insĂ©parable d’un langage du corps ; le corps n’existe jamais seul mais en fonction des imaginaires et des stĂ©rĂ©otypes socioculturels. Comme le disait Michel Foucault, les rapports de pouvoir passent Ă  l’intĂ©rieur des corps »Âč. Le corps renvoie donc systĂ©matiquement Ă  autre chose qu’à lui-mĂȘme parler du corps, c’est parler d’un discours sur le corps. Le marquage social des corpsÂČ exprime diffĂ©rents aspects d’une culture et des reprĂ©sentations du corps qu’elle implique au-delĂ  du corps, il y a la personne, c’est-Ă -dire des affects, des pulsions, des rapports de force. Le corps est ainsi le lieu oĂč la pensĂ©e prend corps. Comme nous allons le voir, Ă©tudier le corps est donc une façon de penser l’individu et la sociĂ©tĂ© elle-mĂȘme. Le regard que l’on porte sur le corps, au-delĂ  de l’apparence, pose la question de l’ĂȘtre et de l’humain, et de notre rapport au monde Ă©tudier le corps est une façon de penser l’individu et la sociĂ©tĂ© elle-mĂȘme. Johann Heinrich FĂŒssli, Le cauchemar », huile sur toile 1781 Detroit États-Unis d’AmĂ©rique, Detroit Institute of Arts Autant d’aspects qui soulĂšvent tout d’abord la dĂ©licate question de savoir ce qu’est un corps naturel ». Les dĂ©finitions les plus communĂ©ment admises font du corps la substance visible et tangible, la partie matĂ©rielle d’un ĂȘtre animĂ©, notamment de l’homme » CNRTL et pour ĂȘtre plus prĂ©cis, l’ ensemble des parties matĂ©rielles constituant l’organisme, siĂšge des fonctions physiologiques et, chez les ĂȘtres animĂ©s, siĂšge de la vie animale » Lamarck, Physiologie zoologique, 1809. Comme il a Ă©tĂ© trĂšs justement dit, le corps est ce par quoi nous sommes au monde, dĂšs que nous sommes nĂ©s. Il est ce par quoi le monde nous est donnĂ©. C’est lui qui nous fait percevoir, voir, entendre, toucher, sentir. Sensations, sentiments, Ă©motions dĂ©pendent de lui. Mais aussi toutes nos passions. Vivre n’est d’abord pour chacun de nous qu’assumer la condition charnelle d’un organisme ayant ses lois, ses besoins qui s’imposent Ă  nous et rĂ©clament de nous les soins nĂ©cessaires Ă  son maintien et son entretien »³. C’est donc la nature qui est le lieu d’existence des corps. Et c’est Ă  partir du corps que s’organise notre perception du monde sensible. Mais si le mot corps vient du Latin corpus » qui dĂ©rive du vocable indo-europĂ©en kar faire, fabriquer, crĂ©er, il dĂ©rive Ă©galement du radical sanscrit karp qui signifie beautĂ©. D’oĂč ce statut ambigu du corps humain » que Michela Marzano a bien mis en Ă©vidence En fait, le corps humain est tout d’abord un objet matĂ©riel » et, en tant que tel, il s’inscrit dans le devenir » et le paraĂźtre » – d’oĂč son caractĂšre apparemment insaisissable d’un point de vue conceptuel ou encore le refus, de la part de certains, de le prendre en compte comme un sujet philosophiquement digne d’intĂ©rĂȘt. Mais il est aussi l’ objet que nous sommes » et, en tant que tel, il est le signe de notre humanitĂ© et de notre subjectivitĂ© − d’oĂč l’intĂ©rĂȘt de rĂ©flĂ©chir sur celui-ci notamment lorsqu’on cherche Ă  comprendre ce qu’est l’homme. C’est pourquoi soutenir que le corps est un objet, n’implique pas nĂ©cessairement qu’il soit une chose comme les autres, sauf Ă  envisager, au moins mentalement, la possibilitĂ© de s’affranchir de lui. Mais peut-on rĂ©ellement mettre le corps Ă  distance ? Michela Marzano, La Philosophie du corps, PUF Paris 2007 Que sais-je ? » n° 3777 permalien – Comment en effet mettre le corps Ă  distance » ? Le corps est d’abord l’organique, la chair, l’enveloppe de l’ñme »⁎, mais aussi le prisme par lequel le moi observe le monde, l’intermĂ©diaire entre l’intĂ©rioritĂ© du moi et l’extĂ©rioritĂ© du monde. Le corps est ainsi la conscience que l’homme a de lui-mĂȘme c’est par le corps que l’homme s’engage dans des rapports pratiques avec le monde extĂ©rieur. Il est ce qui nous protĂšge, nous diffĂ©rencie, nous singularise des autres, autrement dit, le medium fondamental de notre relation au monde »⁔. Le corps et l’ñme RenĂ© Descartes La nature m’enseigne aussi par ces sentiments de douleur, de faim, de soif, etc., que je ne suis pas seulement logĂ© dans mon corps, ainsi qu’un pilote en son navire, mais outre cela que je lui suis conjoint trĂšs Ă©troitement, et tellement confondu et mĂȘlĂ©, que je compose comme un seul tout avec lui. » SixiĂšme MĂ©ditation MĂ©ditations MĂ©taphysiques 1641 ConsidĂ©rĂ© dans son rapport avec l’ñme et l’esprit, le corps est la rĂ©alitĂ© matĂ©rielle et concrĂšte de toute vie Nous sentons notre corps, nous le sentons par toutes sortes de procĂ©dĂ©s, nous sentons la peau, nous sentons la chaleur du corps, nous sentons les organes intĂ©rieurs et cet ensemble de sensations se rapportant Ă  notre corps nous donne la personnalitĂ©. Les caractĂšres de la personnalitĂ©, unitĂ©, identitĂ©, distinction, viennent des caractĂšres du corps »⁶. Ces propos Ă©clairants de Pierre Janet nous rappellent combien notre relation au corps semble dĂ©terminĂ©e par des mĂ©canismes complexes il y a Ă  la fois une nature du corps, soumise aux lois du rĂšgne animal, et une culture du corps, propre Ă  l’ĂȘtre humain, et qui relĂšve de l’artifice. Michel Foucault, L’utopie du corps » Mon corps, topie impitoyable. Et si, par bonheur, je vivais avec lui dans une sorte de familiaritĂ© usĂ©e, comme avec une ombre, comme avec ces choses de tous les jours que finalement je ne vois plus et que la vie a passĂ©es Ă  la grisaille ; comme avec ces cheminĂ©es, ces toits qui moutonnent chaque soir devant ma fenĂȘtre ? Mais tous les matins, mĂȘme prĂ©sence, mĂȘme blessure ; sous mes yeux se dessine l’inĂ©vitable image qu’impose le miroir visage maigre, Ă©paules voĂ»tĂ©es, regard myope, plus de cheveux, vraiment pas beau. Et c’est dans cette vilaine coquille de ma tĂȘte, dans cette cage que je n’aime pas, qu’il va falloir me montrer et me promener ; Ă  travers cette grille qu’il faudra parler, regarder, ĂȘtre regardĂ© ; sous cette peau, croupir. Mon corps, c’est le lieu sans recours auquel je suis condamnĂ©. Je pense, aprĂšs tout, que c’est contre lui et comme pour l’effacer qu’on a fait naĂźtre toutes ces utopies. Le prestige de l’utopie, la beautĂ©, l’émerveillement de l’utopie, Ă  quoi sont-ils dus ? L’utopie, c’est un lieu hors de tous les lieux, mais c’est un lieu oĂč j’aurai un corps sans corps, un corps qui sera beau, limpide, transparent, lumineux, vĂ©loce, colossal dans sa puissance, infini dans sa durĂ©e, dĂ©liĂ©, invisible, protĂ©gĂ©, toujours transfigurĂ©; et il se peut bien que l’utopie premiĂšre, celle qui est la plus indĂ©racinable dans le cƓur des hommes, ce soit prĂ©cisĂ©ment l’utopie d’un corps incorporel [
] ». Michel Foucault, L’utopie du corps ConfĂ©rence radiophonique, 1966 Michel Foucault, Entretien avec L. Finas, La Quinzaine littĂ©raire, n°247, 1er-15 janvier 1977, pages 4-6. Marquage social du corps » sur cette notion, voyez cette page. France Farago, Étienne Akamatsu, Gilbert Guislain, Le Corps – PrĂ©pas commerciales 2017-2018 Tout en fiches, introduction », Dunod Paris 2017, pages 11-12. Notre corps est [
] l’enveloppe de l’ñme, qui de son cĂŽtĂ©, en est la gardienne et la protectrice ». LucrĂšce, De natura rerum, citĂ© par Jean Brun Épicure et les Ă©picuriens, textes choisis, PUF Paris 2010, page 100. Voir en particulier Denis Cerclet, Au cƓur de la relation moi-autrui-le monde, le geste », Rhuthmos, 15 mars 2015. Pierre Janet, L’Évolution psychologique de la personnalitĂ©, Ă©d. Chahine Paris 1929, L’Harmattan Paris 2005 pour la prĂ©sentĂ© Ă©dition page 21. ② Le corps comme vecteur socioculturel _ C’est au sociologue et anthropologue français, Marcel Mauss, considĂ©rĂ© comme le pĂšre de l’ethnologie française, que l’on doit dĂšs 1934 la notion de techniques du corps », entendues comme les façons dont les hommes, sociĂ©tĂ© par sociĂ©tĂ©, d’une façon traditionnelle, savent se servir de leur corps ». Marcel Mauss a particuliĂšrement insistĂ© sur les reprĂ©sentations symboliques, culturelles et sociales du corps, ouvrant la voie Ă  de nombreuses recherches anthropologiques et sociologiques. À ce titre, mĂȘme dans les cultures dites primitives, le corps naturel est en fait une dĂ©formation, une sublimation de la nature en tĂ©moigne par exemple l’art corporel, Ă©troitement liĂ© aux relations sociales, aux codes symboliques parures, postures, rituels font ainsi l’objet d’une vĂ©ritable mise en scĂšne » du corps Ă  travers lui, l’homme cherche Ă  se retrouver lui-mĂȘme, il ne se contente pas de rester lui-mĂȘme tel qu’il est. Roland Barthes faisait remarquer trĂšs justement combien le corps humain n est pas un objet Ă©ternel, inscrit de toute Ă©ternitĂ© dans la nature ; c’est un corps qui a Ă©tĂ© vraiment saisi et façonnĂ© par l’histoire, par les sociĂ©tĂ©s, par les rĂ©gimes, par les idĂ©ologies, et par consĂ©quent nous sommes absolument fondĂ©s Ă  nous interroger sur ce qu’est notre corps Ă  nous, hommes modernes et hommes particuliĂšrement socialisĂ©s et sociaux ». Ces propos pourraient tout Ă  fait s’appliquer Ă  la façon dont les modes vestimentaires, et leur systĂšme complexe de signes et de significations morphologiques, ont transformĂ© le rapport au corps. Le corps humain est ainsi porteur d’une utopie fondamentale pour l’homme, transformer son corps, c’est vaincre la mort, c’est passer de sa nature finie Ă  l’infini, c’est une façon d’échapper Ă  l’état de nature, de triompher du corps naturel, primitif par la puissance de l’artifice. Le corps aussi est un grand acteur utopique, quand il s’agit des masques, du maquillage et du tatouage. Se masquer, se maquiller, se tatouer, ce n’est pas exactement, comme on pourrait se l’imaginer, acquĂ©rir un autre corps, simplement un peu plus beau, mieux dĂ©corĂ©, plus facilement reconnaissable ; se tatouer, se maquiller, se masquer, c’est sans doute tout autre chose, c’est faire entrer le corps en communication avec des pouvoirs secrets et des forces invisibles. Le masque, le signe tatouĂ©, le fard dĂ©pose sur le corps tout un langage tout un langage Ă©nigmatique, tout un langage chiffrĂ©, secret, sacrĂ©, qui appelle sur ce mĂȘme corps la violence du dieu, la puissance sourde du sacrĂ© ou la vivacitĂ© du dĂ©sir. Le masque, le tatouage, le fard placent le corps dans un autre espace, ils le font entrer dans un lieu qui n’a pas de lieu directement dans le monde, ils font de ce corps un fragment d’espace imaginaire qui va communiquer avec l’univers des divinitĂ©s ou avec l’univers d’autrui [
] ». Michel Foucault, 1966 op. cit. Comme nous le comprenons, le corps n’est pas indĂ©pendant d’une construction culturelle du corps la relation au corps dĂ©pend Ă©troitement des processus de symbolisation, des systĂšmes de pensĂ©e et de morale mĂȘme le corps naturel est socialement construit par le subjectif, le social, le collectif. Il n’est que de songer Ă  la maniĂšre de regarder un corps ĂągĂ© ou handicapĂ©. Pierre Ancet, dans sa PhĂ©nomĂ©nologie des corps monstrueux PUF 2006 a ainsi montrĂ© qu’ en nous confrontant aux limites de notre tolĂ©rance, la grande difformitĂ© physique nous rĂ©vĂšle nos craintes liĂ©es au corps mutilĂ©, dĂ©gradĂ©, non viable. Elle suscite des peurs irrationnelles de contamination et des fantasmes de mĂ©tamorphose, mais aussi des angoisses rationnelles en touchant Ă  la fragilitĂ© de l’organisme et au vĂ©cu intĂ©rieur du corps ». Le corps naturel est donc malgrĂ© lui un corps en crise, une fatalitĂ© que l’homme doit assumer. Il est par ailleurs solidaire de tout un contexte culturel et de pratiques sociales dĂ©terminĂ©es. Si le corps ĂągĂ© par exemple renvoie traditionnellement Ă  la sagesse et au savoir, c’est uniquement Ă  condition qu’il reste cachĂ©, qu’il ne se montre pas, au risque de provoquer la pitiĂ©, l’hilaritĂ©, voire la rĂ©pulsion. Francisco de Goya, Les vieilles » ou Le temps », dĂ©tail. Vers 1810-1812. Lille, Palais des Beaux-Arts La vieillesse, plus que jamais, devient marque d’incomprĂ©hension ou, au mieux, de dĂ©sadaptation, glissant insensiblement vers l’absence d’emprise et d’efficacitĂ©. Les signes physiques aussi changent de sens. Non plus Ă©quivoques, rĂ©vĂ©lateurs possibles de sagesse ou de profondeur, mais univoques, rĂ©vĂ©lateurs de manque, de perte ou d’échec. Seuls triompheraient les signes d’une jeunesse continue », juvĂ©nilitĂ© toujours entretenue, toujours prolongĂ©e la ride devenant l’ aveu » d’un manque radical, indice d’impuissance et de stĂ©rilitĂ© ». Georges Vigarello, Corps ĂągĂ©, corps esthĂ©tisĂ©, RĂ©flexions historiques » chapitre 7 in La Peau. Enjeu de sociĂ©tĂ© collectif, CNRS, page 120. Comme le notaient remarquablement Florence Braunstein et Jean François PĂ©pin, Le corps ne se rĂ©vĂšle pas seulement en tant que composante d’élĂ©ments organiques, mais aussi en tant que vecteur social, psychologique, culturel, religieux essentiel. Il est dans notre vie quotidienne, dans ses rapports de production ou d’échange, un moyen de communication, par l’usage d’un certain nombre de signes liĂ©s au langage, aux gestes, aux vĂȘtements, aux institutions, aux perceptions que nous avons de la rĂ©alitĂ© »ÂČ. La rĂ©flexion sur le corps est Ă  cet Ă©gard dĂ©pendante du regard que nous portons sur l’autre, sur le corps d’autrui regard rempli de stĂ©rĂ©otypes Ă  l’égard de l’altĂ©ritĂ©. Comme le rappelait le grand historien français Jacques Le Goff 1924-2014, le corps est une construction idĂ©ologiqueÂł dĂ©pendant des systĂšmes de impĂ©rialismes coloniaux ont ainsi fait du corps de l’étranger, corps non normalisĂ©, non socialisĂ©, un corps suspect. La VĂ©nus Hottentote entre Barnum et musĂ©um Claude Blanckaert Originaire du cap de Bonne-EspĂ©rance, la VĂ©nus hottentote, de son vrai nom Sarah Baartman, fut prĂ©sentĂ©e au public comme le plus merveilleux phĂ©nomĂšne de la nature » dĂšs son arrivĂ©e Ă  Londres en 1810. AffublĂ©e d’un fessier hors de proportion stĂ©atopygie, elle fut ainsi chosifiĂ©e comme monstre » de son vivant. À partir de septembre 1814, elle dĂ©fraya la chronique parisienne avant de mourir dans les derniers jours de l’annĂ©e suivante. Son corps, entiĂšrement moulĂ© puis dissĂ©quĂ© au Jardin des plantes, allait un temps rejoindre les collections d’anatomie comparĂ©e du MusĂ©um national d’Histoire naturelle. Prise pour type de race sauvage », la VĂ©nus hottentote n’en perdit pas tout prestige. Ses reprĂ©sentations s’avĂ©rant toujours contemporaines de ses usages scientifiques et sociaux, elle parut indistinctement un sujet d’enquĂȘte toujours rĂ©visable au crible des connaissances et la victime idĂ©ale, sollicitĂ©e, d’un exorcisme de masse ». Claude Blanckaert est directeur de recherche au CNRS Centre Alexandre KoyrĂ©, Paris. Claude Blanckaert sous la dir. La VĂ©nus hottentote entre Barnum et MusĂ©um, Paris MusĂ©um national d’Histoire naturelle, 2013 Source Comme le remarquait trĂšs justement Jacques Saliba, si la mise en perspective anthropologique accentue la pertinence du dĂ©bat Nature/Culture, elle permet, aussi, d’interroger la dĂ©finition univoque que la civilisation occidentale a confĂ©rĂ©e historiquement au corps et qu’elle a imposĂ©e, comme seuls regard et discours lĂ©gitimes »⁎. Au dĂ©but du XIXe siĂšcle, l’exemple de Saartjie Baartman surnommĂ©e ironiquement la VĂ©nus Hottentote » est tout Ă  fait illustratif de cette idĂ©ologisation du corps par le systĂšme dominant sans statut social, sans culture », soumise Ă  la sanction normalisatrice de la monstration mĂ©diatique et de l’exhibition, la VĂ©nus Hottentote reprĂ©sente le passage de l’homme naturel Ă  son animalisation par la sociĂ©tĂ© matĂ©rialiste La VĂ©nus Hottentote 1815 gravure Ă  l’eau-forte, coloriĂ©e, BnF DĂ©partement Estampes et photographie Certains philosophes des LumiĂšres, et particuliĂšrement Rousseau avec son homme naturel »⁔ ont suscitĂ© Ă  cet Ă©gard de trĂšs riches rĂ©flexions sur la diffĂ©rence entre le corps sauvage et le corps social. Ce travail a notamment permis Ă  Rousseau de dĂ©velopper l’utopie de l’homme dans son Ă©tat de nature⁶. Selon le philosophe, la culture amplifie les inĂ©galitĂ©s naturelles existant entre les hommes la sociĂ©tĂ© civile est essentiellement un corps artificiel, dĂ©pendant d’un mĂ©canisme de domination. Le corps civilisĂ© » est ainsi la manifestation d’un contrĂŽle social sur le naturel il est un refoulement du naturel qui prend la forme dĂ©cisive d’une mainmise sur la nature et de la soumission du corps naturel au corps social, c’est-Ă -dire aux impĂ©ratifs technologiques et Ă  l’abstraction rationnelle de la sociĂ©tĂ© bourgeoise. Marcel Mauss, Les techniques du corps ». ConfĂ©rence prononcĂ©e devant la SociĂ©tĂ© de Psychologie le 17 mai 1934, et publiĂ©e dans le Journal de Psychologie, vol. xxxii, no 3-4, 15 mars-15 avril 1936. Florence Braunstein, Jean François PĂ©pin, La Place du corps dans la culture occidentale, PUF Paris 2015. Google Livre Jacques Le Goff, L’Imaginaire mĂ©diĂ©val, Gallimard, Paris 1985. Voir en particulier les pages 123 Ă  127. Jacques Saliba, Le corps et les constructions symboliques », Socio-anthropologie, 5, 1999. Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inĂ©galitĂ© parmi les hommes 1755 [
] non seulement l’éducation met de la diffĂ©rence entre les esprits cultivĂ©s, et ceux qui ne le sont pas, mais elle augmente celle qui se trouve entre les premiers Ă  proportion de la culture. Or si l’on compare la diversitĂ© prodigieuse d’éducations et de genres de vie qui rĂšgnent dans les diffĂ©rents ordres de l’état civil, avec la simplicitĂ© et l’uniformitĂ© de la vie animale et sauvage oĂč tous se nourrissent des mĂȘmes aliments, vivent de la mĂȘme maniĂšre, et font exactement les mĂȘmes choses, on comprendra combien la diffĂ©rence d’homme Ă  homme doit ĂȘtre moindre dans l’état de nature que dans celui de sociĂ©tĂ© et combien l’inĂ©galitĂ© naturelle doit augmenter dans l’espĂšce humaine par l’inĂ©galitĂ© d’institution ». Dans de nombreuses cultures africaines traditionnelles par exemple, le corps se caractĂ©rise par une identitĂ© de substance avec le vĂ©gĂ©tal, dans lequel vie et mort ne s’opposent pas. Ses processus se rapportent Ă  l’ĂȘtre qu’il soutient, pas Ă  sa nature propre ». StĂ©phane Breton, Vous nous avez apportĂ© le corps », Esprit, vol. juin, n°6, 2006, pages 45-62. Y a-t-il un esprit » dans le corps ? De quelque cĂŽtĂ© que je me tourne, je constate que j’ai un corps. Il est complet, du moins me semble-t-il. Je cache les dents perdues, les cheveux blancs, la baisse de la vue et de l’ouĂŻe, les plis du ventre, les veinules des jambes. J’ai un corps. Je le pince, il est lĂ , se rappelle Ă  l’occasion de douleurs, de fatigues ; il me procure de petites jouissances esthĂ©tiques, sensuelles, gastronomiques. Il est lĂ  assurĂ©ment, bien qu’il vieillisse, je le sais. Je sais aussi qu’il va mourir, c’est-Ă -dire ne plus ĂȘtre. Je n’y pense pas. Si parfois, avec acuitĂ©, avec la conviction du temps irrĂ©mĂ©diablement passĂ©. Il me semble que mes organes internes sont au complet et fonctionnent Ă  peu prĂšs. [
] Je ressens donc mon corps et je le vois. Comme s’il y avait en moi une capacitĂ© de rĂ©flexion sur moi-mĂȘme, sur cette enveloppe, cette structure de chair et d’os qui est moi. Puis-je me dĂ©tacher de mon corps et me tenir Ă  distance de lui tout en restant en lui ? Apparemment, oui. C’est cette Ă©tonnante situation qui, trĂšs tĂŽt, a alimentĂ© les rĂ©flexions des philosophes et des romanciers dĂšs que notre espĂšce a su dĂ©velopper des langages et des Ă©critures Ă©laborĂ©s. Il nous a fallu entamer un long chemin pour cerner notre corps, le comprendre, l’analyser, le prĂ©voir, de mĂȘme qu’il nous a fallu un long chemin pour interprĂ©ter notre capacitĂ© de penser, lui donner forme puis sens. Cette capacitĂ©, on l’a nommĂ©e tantĂŽt esprit » tantĂŽt conscience » ou Ăąme ». DĂ©sormais, il nous a fallu apprendre Ă  vivre cette dualitĂ© corps-esprit, ne sachant trop comment l’esprit pouvait dĂ©pendre du corps et le corps de l’esprit, constatant les mĂ©tamorphoses de l’un et de l’autre, Ă©tonnĂ©s et parfois surpris de ces mĂ©tamorphoses. » Georges Vignaux L’Aventure du corps, Pygmalion dĂ©partement de Flammarion, Paris 2009, pages 8-9. ⑱ Le corps objet de dĂ©bats
 P arce qu’il fait partie du monde physique, le corps naturel » renvoie Ă  l’idĂ©e de dĂ©terminisme naturel » quand nous parlons par exemple de corps naturel », nous nous rĂ©fĂ©rons Ă  une rĂ©alitĂ© physique qui n’est pas le produit d’une pratique humaine, et qui n’est donc pas artificielle ». Ainsi, un individu qui opĂ©rerait des modifications sur son corps naturel, notamment grĂące aux biotechnologiesÂč, transgresserait en quelque sorte les lois de la nature, et selon une perspective religieuse, le fatalisme et la volontĂ© crĂ©atrice de Dieu. Ce dĂ©terminisme auquel le corps est assujetti sous-entend, notamment dans l’hĂ©ritage platonicien* et chrĂ©tien, une sĂ©paration de l’ñme et du corps sensĂ©e Ă©lever l’ñme, la beautĂ© vĂ©ritable est celle de l’esprit et de l’incorporel. Inversement, la laideur morale devient la marque de la corporĂ©itĂ©. * Platon le corps est la prison de l’ñme SOCRATE. — [
] Tant que nous aurons notre corps et que notre Ăąme sera embourbĂ©e dans cette corruption, jamais nous ne possĂ©derons l’objet de nos dĂ©sirs, c’est-Ă -dire la vĂ©ritĂ©. Car le corps nous oppose mille obstacles par la nĂ©cessitĂ© oĂč nous sommes de l’entretenir, et avec cela les maladies qui surviennent troublent nos recherches. D’ailleurs, il nous remplit d’amours, de dĂ©sirs, de craintes, de mille imaginations et de toutes sortes de sottises, de maniĂšre qu’il n’y a rien de plus vrai que ce qu’on dit ordinairement que le corps ne nous mĂšne jamais Ă  la sagesse. Car qui est-ce qui fait naĂźtre les guerres, les sĂ©ditions et les combats ? Ce n’est que le corps avec toutes ses passions. [
] Il est donc dĂ©montrĂ© que si nous voulons savoir vĂ©ritablement quelque chose, il faut que nous abandonnions le corps et que l’ñme seule examine les objets qu’elle veut connaĂźtre. Platon, PhĂ©don, 66b-66e vers 383 av. Traduction Émile Chambry 1965. Auguste Rodin Paris 1840 − Meudon 1917, La PensĂ©e », c. 1893-1895 Source MusĂ©e Rodin Ainsi, la sĂ©paration de l’ñme et du corps opĂ©rĂ©e par la perspective thĂ©ologique ou mĂ©taphysique traditionnelle obĂ©it Ă  cette division alors que le corps naturel relĂšve du sensible, lui-mĂȘme soumis au devenir, et renvoyant l’ĂȘtre humain Ă  sa nature pĂ©rissable, vouĂ©e Ă  la dĂ©composition et Ă  la mort, le corps artificiel, en surnaturant le corps vivant, semble plus rassurant qu’un corps d’organes et de chair grĂące Ă  lui, l’individu s’affranchit de la sĂ©lection naturelle, il subjectivise en quelque sorte le corps et ce faisant, redĂ©finit la logique du vivant. À ce titre, les manipulations gĂ©nĂ©tiques, les hormones de croissance, les techniques in vitro qui se sont dĂ©veloppĂ©es essentiellement Ă  partir des annĂ©es 80 ont considĂ©rablement modifiĂ© notre perception de l’identitĂ© corporelle. La dĂ©finition du corps humain n’est plus dĂ©finitive en pouvant agir sur le germen, et non plus seulement sur le soma, le patrimoine gĂ©nĂ©tique, qui Ă©tait jusque lĂ  l’hĂ©ritage transmis par la famille, se trouve remis en cause par l’action de la science. En effet la dĂ©finition Ă©tait jusque lĂ  dĂ©finitive au sens oĂč le passĂ© dĂ©finissait le prĂ©sent. Mais, avec les thĂ©rapies gĂ©niques, la dĂ©finition est le rĂ©sultat d’une modification germinale qui vient interrompre la continuitĂ© familiale en introduisant une discontinuitĂ© scientifique dans la transmission naturelle la filiation sera d’autant plus symbolique que la rĂ©fĂ©rence au germen initial et non modifiĂ© ne sera plus possible dans la mesure oĂč la fĂ©condation produira un corps humain neuf. » Bernard Andrieu*, Les Cultes du corps Ă©thique et science L’Harmattan, coll. SantĂ©, SociĂ©tĂ©s et Cultures », Paris 1994, page 20. * Philosophe et professeur en Staps Ă  l’UniversitĂ© Paris-Descartes, Bernard Andrieu 1959- s’est spĂ©cialisĂ© dans l’histoire et l’épistĂ©mologie des pratiques corporelles. Ses travaux portent essentiellement sur l’éthique du sport, notamment face aux possibilitĂ©s d’utilisation et de manipulation des sciences modernes. Jake & Dinos Chapman, It was a Romantic Setting » C’était un cadre romantique » Bronze peint, 2008 Exposition De la tĂȘte aux pieds la figure humaine dans la collection WĂŒrth » exposition temporaire jusqu’au 7 janvier 2018, Erstein, MusĂ©e WĂŒrth France. Source de l’image © BR, octobre 2017 Source de l’image Biotechnologie application Ă  un organisme vivant de principes scientifiques visant Ă  crĂ©er un corps artificiel. ④ Du corps naturel au corps surnaturel l’humain dĂ©possĂ©dĂ© de lui-mĂȘme ? En rĂ©duisant l’expĂ©rience de la nature Ă  son interprĂ©tation technologique, le corps bio-artificiel postule l’idĂ©e mĂȘme d’un dĂ©passement de la nature animale de l’homme, d’une transcendance quasi promĂ©thĂ©enne du corps naturel. En revendiquant le corps surnaturel, l’homme s’engage ainsi dans le monde de l’interdit le corps naturel devient mĂȘme tabou et tout retour Ă  l’état de nature prohibĂ©. Denis Baron, dans un essai stimulant consacrĂ© Ă  la relation que l’homme entretient avec le corps, faisait justement remarquer combien notre culture avait progressivement associĂ© le corps Ă  la saletĂ©, Ă  la souillure, voire Ă  la faute morale en somme, le rejet du corps naturel s’apparentant Ă  un rejet de tous les signes associant l’homme Ă  l’animalitĂ© avec nos mines de dĂ©goĂ»t envers nos sĂ©crĂ©tions naturelles nous fermons notre nez au contact par l’odorat. L’odorat a fini par ĂȘtre un sens qu’il faut incommoder, minorer, rĂ©duire Ă  l’idĂ©e d’un corps sans odeur et sans dĂ©sir qui ne peut vivre en dehors des produits de beautĂ©, des soins pour la peau, des artifices du maquillage dans une culture de l’image qui dĂ©matĂ©rialise de plus en plus le corps »Âč. À la fois instrument de conceptualisation et de domination, le corps virtuel est ainsi prĂ©sentĂ© comme un renoncement au corps physique, une prĂ©tention Ă  l’absolu la trilogie Matrix des frĂšres Wachowski 1999 et 2003 met justement en scĂšne des humains qui luttent contre l’intelligence artificielle. Tout l’intĂ©rĂȘt du film est d’amener Ă  une rĂ©flexion sur l’identitĂ© mĂȘme de l’ĂȘtre humain et sur le corps naturel en tant qu’idĂ©al Ă©thique face Ă  l’intelligence artificielle. Le cinĂ©ma de science-fiction a ainsi mis en avant l’idĂ©e selon laquelle le corps naturel n’est plus le primat de l’humain. Le robot n’est plus une figure extĂ©rieure, voire une carapace, il est en nous-mĂȘmes nous abriterons peut-ĂȘtre un jour dans notre corps des robots qui travailleront Ă  notre survie. Alors s’effaceront les catĂ©gories qui fondent notre identitĂ© d’ĂȘtres humains l’intĂ©rieur et l’extĂ©rieur, le naturel et l’artificiel, le mĂȘme et l’autre. » Michel Faucheux Les QuĂȘtes chimĂ©riques. Mythes et symboles de l’Eldorado Ă  l’amour Ă©ternel LattĂšs, Paris 2006 Google-livre Qui sommes-nous ? d’oĂč venons-nous ? oĂč allons-nous ? » Exposition du MusĂ©e de l’Homme Paris Nous pourrions Ă  ce titre Ă©voquer Ă  ce titre le film Avalon, de Maanoru Oshii 2001 les concepteurs d’un gigantesque jeu vidĂ©o sont entrĂ©s dans le programme qu’ils ont eux-mĂȘmes fabriquĂ© et invitent les joueurs les plus chevronnĂ©s Ă  les rejoindre. Il leur faut pour cela Ă©changer leur existence charnelle contre une peau numĂ©rique Ă©ternelle. Le problĂšme est que c’est au prix de l’abandon sans retour de leur corps rĂ©el »ÂČ. Comme le rappellent les Instructions Officielles, ces possibilitĂ©s de modifications physiques nous invitent Ă  rĂ©interroger notre identitĂ© et notre rapport au temps et Ă  la mort la chirurgie esthĂ©tique et la recherche en biomĂ©canique nous amĂšnent Ă  rĂ©flĂ©chir sur les normes, les canons de la beautĂ©, sur le jeunisme et la maniĂšre dont ces rĂ©alitĂ©s s’imposent Ă  nous. La science contemporaine nous conduit, in fine, Ă  repenser les frontiĂšres entre le corps humain et la machine ». Le corps moderne est un corps explorĂ© [
], un corps construit [
], produit par l’homme et selon sa volontĂ©. Il s’agit de faire du corps ce que l’on veut [
]. L’imaginaire contemporain se projette dans le fantasme d’un corps sous contrĂŽle. La connaissance ne suffit pas. Il faut qu’elle prĂ©side Ă  l’engendrement de soi par soi ou du corps idĂ©al par la sociĂ©tĂ©. [
] La science au service de la production du corps et/ou le corps subsumĂ© aux ambitions scientifiques, tel est Ă  prĂ©sent l’enjeu. Les moyens se multiplient sans toujours prĂ©voir leurs fins. NĂ©anmoins, la capacitĂ© humaine Ă  produire aujourd’hui le corps selon des schĂ©mas prĂ©cis, des savoirs augmentĂ©s et une puissance technique en dĂ©veloppement constant est l’une des novations les plus propres Ă  bouleverser nos sociĂ©tĂ©s. » Isabelle Queval Le Corps aujourd’hui, Folio essais, pages 63-64. La fin du vingtiĂšme siĂšcle a vu ainsi apparaĂźtre des transformations majeures qui vont profondĂ©ment interroger la culture corporelle body-building, culturisme, mises en scĂšne du corps, cultures dĂ©viantes, hybridation, corps bioniques, identitĂ©s sexuelles transgressives
 Quelles sont les limites entre le corps naturel, charnel et sa rĂ©plique artificielle le corps objet, le corps fabriquĂ© ? TrĂšs attentifs Ă  nos droits, nous prĂ©tendons [
] disposer [de notre corps] librement, alors que de nouvelles techniques biologiques ouvrent des perspectives vertigineuses pour son utilisation conservation de sperme et d’ovules fĂ©condĂ©s, dons d’organes, mĂšres porteuses », transsexualisme, manipulations gĂ©nĂ©tiques
 qui semblent remettre en cause le principe juridique de l’indisponibilitĂ© » du corps humain, affirmĂ© au nom de la dignitĂ© de la personne humaine. » La Philosophie de A Ă  Z Collectif, Hatier, Paris 2000, page 92 Cote CDI 1 03 PHI La reprĂ©sentation du handicap dans le milieu sportif pose ainsi de nombreux questionnements. On peut se rĂ©jouir de cette nouvelle vision du corps humain qui redonne l’espoir Ă  de nombreux individus d ĂȘtre rĂ©parĂ©s. Mais Ă  quel prix ? RĂȘves et fantasmes surgissent alors de cette montĂ©e en puissance des technologies nouvelles, dĂ©passant la problĂ©matique de l’homme rĂ©parĂ© pour aller vers l’homme augmentĂ© et mĂȘme sauvĂ© » par les nouvelles technologies. Un glissement est en train de se faire entre l’espoir de l’homme rĂ©parĂ© et la vision beaucoup plus troublante de l’homme augmentĂ© [
] »³. Le sport est mise en spectacle de la maĂźtrise de l’homme sur lui-mĂȘme par l’exhibition d’un contrĂŽle exemplaire et jusqu’à l’impensable de son propre corps. Il peut aujourd’hui mettre en scĂšne les corps atteints, dont l’incapacitĂ© et le handicap se dissolvent dans l’efficacitĂ© assistĂ©e technologiquement, au travers de la figure symbolique de l’homme-machine, hybride s’il en est. Maintenu ainsi aux marges, peut-ĂȘtre, dans ce que de nombreux auteurs ont appelĂ© un espace de liminalitĂ©, le corps handicapĂ© passe de l’hybridation monstrueuse mise en scĂšne dans les foires, Ă  l’hybridation futuriste du cirque sportif oĂč il rejoint les champions, Ă©chappant par ce mouvement mĂȘme au stigmate. Les catĂ©gories de l’incapacitĂ© et du handicap se voient alors renvoyĂ©es vers l’irrĂ©parable et le non-maĂźtrisĂ© symbolisĂ©s par la gesticulatio d’un corps non domptable, gouvernĂ© par un esprit dĂ©faillant pour ne pas dire dĂ©ficient, Ă©vacuĂ© de la couverture mĂ©diatique du sport des personnes handicapĂ©es, et associĂ© au handicap mental, mĂȘme lorsque ce n’est pas objectivement le cas. On peut dire de ces figures qu’elles n’ont pas leur place dans le spectacle sportif, et par hypothĂšse qu’elles ne l’auront pas jusqu’à leur Ă©ventuelle rĂ©parabilitĂ© » ou maĂźtrise technologique ou pharmacologique. » Anne Marcellini, Des corps atteints valides ou de la dĂ©ficience au firmus ». HypothĂšses autour de la mise en scĂšne sportive du corps handicapĂ© ». In Gilles BoĂ«tsch. ReprĂ©sentations du corps. Le biologique et le vĂ©cu, Normes et normalitĂ©. Presses Universitaires de Nancy, pages 65-66. Denis Baron, Corps et artifices. De Cronenberg Ă  Zpira, L’Harmattan, coll. Champs visuels », page 17. Serge Tisseron, Des fonctions de la peau Ă  celles des Ă©crans l’étayage psychique sur les images ». In RenĂ© KaĂ«s sous la dir. de, Penser l’inconscient. DĂ©veloppements de l’Ɠuvre de Didier Anzieu, Dunod, Paris 2011, pages 96-97. Thierry Magnin, Penser l’humain au temps de l’homme augmentĂ©. Face aux dĂ©fis du transhumanisme. Albin Michel, Paris 2017. Google Livre Bernard Andrieu, La santĂ© biotechnologique du corps-sujet », Revue philosophique de la France et de l’étranger, vol. tome 129, no. 3, 2004, pp. 339-344. Conclusion Peut-on rĂ©duire le corps humain Ă  une chose ? – C omme nous l’avons vu, rĂ©flĂ©chir au corps invite Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  l’ĂȘtre si l’idĂ©e de finalitĂ© dĂ©finit le mieux le corps naturel, l’homme fragmentĂ© du XXIe siĂšcle se perçoit comme en train de s’altĂ©rer, d’oĂč l’impĂ©rieux besoin de se donner, fĂ»t-ce au moyen d’artifices, l’illusion de l’éternitĂ©. DĂ©rive utopique de la technologie, portrait-robot » du corps naturel, le corps artificiel est d’abord un simulacre Ă©thique en ce sens qu’il n’est que le reflet de l’ĂȘtre naturel qu’il reproduit sous une forme fictive, soustraite aux dĂ©terminismes de la corporalitĂ©. Les rapports entre Ă©thique, gĂ©nĂ©tique et ontologie posent ainsi une question fondamentale Ă  travers la rĂ©flexion sur le corps, n’est-ce pas l’identitĂ© et la survie mĂȘme de l’humanitĂ© de l’homme qui est posĂ©e ? Le philosophe Maurice Merleau-Ponty faisait du corps un systĂšme [
] vouĂ© Ă  l’inspection du monde », c’est-Ă -dire l’expression primordiale de l’essence de l’homme. Mais dans un monde oĂč les transformations biotechnologiques des corps posent le problĂšme de l’identitĂ© corporelle, qu’en est-il de l’humain lui-mĂȘme ? Entre raison et dĂ©raison, sentiment de finitude et pressentiment de l’infini, le corps artificiel ne tend-il pas Ă  devenir un pur artefact, une instance de branchement, un terminal, un objet transitoire et manipulable [
], un kit, une somme de parties Ă©ventuellement dĂ©tachables Ă  la disposition d’un individu saisi dans un bricolage sur soi et pour qui justement le corps est la piĂšce maĂźtresse de l’affirmation personnelle »Âč ? En nous transportant au-delĂ  des dĂ©terminismes biologiques, le corps artificiel tĂ©moigne d’une crise identitaire profonde et d’un nouveau rapport Ă  soi qui cĂšde au puritanisme de la rĂ©gĂ©nĂ©ration mystique d’une nature paradisiaque. Dans un essai remarquable L’Humain est-il expĂ©rimentable ? PUF 2000, Odile Bourguignon s’interrogeait sur les dĂ©rives possibles des sciences du vivant dĂ©livrĂ© de sa pesanteur corporelle, le corps artificiel n’est-il pas nĂ©cessairement fictionnel, fantasmĂ©, mystifiĂ© ? En quel sens est-il encore humain, et dans quelle mesure les technosciences dont il relĂšve sont-elles aptes Ă  accomplir un homme nouveau », dĂ©livrĂ© de la part proprement corporelle de la condition humaine, et ouvert Ă  tous les vents de l’indĂ©termination ? Bruno Rigolt © septembre 2017, Bruno Rigolt/Espace PĂ©dagogique Contributif David Le Breton, Figures du corps accessoire marques corporelles, culturisme, transsexualisme, etc. », In Claude Fintz, Les Imaginaires du corps. Tome 2 – Arts, sociologie, anthropologie. Pour une approche interdisciplinaire du corps, Paris, L’Harmattan, page 208 Antony Gormley, Close V » fonte, 1998 Exposition De la tĂȘte aux pieds la figure humaine dans la collection WĂŒrth » Erstein, MusĂ©e WĂŒrth France. Source de l’image © BR, octobre 2017 Travaux dirigĂ©s niveau de difficultĂ© moyen ★★★★★ Autoexercice 1 Dans sa confĂ©rence radiophonique, Miche Foucault affirme Mon corps est comme la citĂ© du soleil. Il n’a pas de lieu mais c’est de lui que sortent et que rayonnent tous les lieux possibles rĂ©els et utopiques [
] ». Mettez en relation ces propos avec la dĂ©finition du corps humain proposĂ©e par Norbert Wiener en 1950 il ressort clairement que l’identitĂ© physique de l’individu ne consiste pas dans la matiĂšre dont il se compose [
]. En rĂ©sumĂ©, l’individualitĂ© du corps est celle de la flamme plus que celle de la pierre, de la forme plus que celle d’un fragment matĂ©riel ». – Autoexercice 2 le corps humain n est pas un objet Ă©ternel, inscrit de toute Ă©ternitĂ© dans la nature ; c’est un corps qui a Ă©tĂ© vraiment saisi et façonnĂ© par l’histoire, par les sociĂ©tĂ©s, par les rĂ©gimes, par les idĂ©ologies ». → Vous chercherez Ă  Ă©tayer ces propos voir plus haut de Roland Barthes en montrant que le corps est un fait historique et culturel. → Trouvez quelques exemples illustrant le marquage social » du corps. → Le mineur soviĂ©tique Stakhanov aurait rĂ©alisĂ© l’exploit d’extraire 102 tonnes de charbon en moins de six heures, au lieu des 7 tonnes exigĂ©es. AprĂšs avoir regardĂ© quelques images, rĂ©pondez Ă  ces deux questions en quoi le stakhanovisme associe-t-il Ă©troitement l’apologie du corps Ă  l’obsession du rendement quantitatif ? Quelle signification sociale et politique se dĂ©gage de ce culte du corps ? – → Montrez que ces deux images articulent Ă©troitement corps et reprĂ©sentations sexuĂ©es. Autoexercice 3 Dans sa sixiĂšme MĂ©ditation voir plus haut, Descartes traite de l’existence des choses matĂ©rielles et soutient la thĂšse de l’union de l’ñme la pensĂ©e et du corps la matiĂšre selon lui, le corps naturel n’est pas simplement une masse de matiĂšre mais une totalitĂ© ainsi notre conscience est unie Ă  notre corps. Dans une lettre de 1645 ou 1646, le philosophe affirme L’unitĂ© numĂ©rique du corps d’un homme ne dĂ©pend pas de sa matiĂšre, mais de sa forme, qui est l’ñme » source. Selon le philosophe, il faut donc essayer de concevoir l’union de l’ñme et du corps.→ Essayez Ă  l’oral et Ă  plusieurs d’étayer ces propos. – Autoexercice 4 AprĂšs Descartes, d’autres philosophes affirmeront mĂȘme que la pensĂ©e est le produit de la matiĂšre corporelle elle-mĂȘme. Ainsi Julien de La Mettrie, prolongeant la conception cartĂ©sienne des animaux-machines, rĂ©dige un cĂ©lĂšbre ouvrage L’Homme-machine premiĂšre Ă©dition 1747. Il y soutient notamment que l’ñme, purement matĂ©rielle, n’est rien d’autre que la partie qui pense en nous » selon lui, les Ă©tats d’ñme s’expliquent par les Ă©tats du corps. → AprĂšs avoir pris connaissance de ce passage, vous vous demanderez si une telle conception, fortement reprĂ©sentative de l’esprit des LumiĂšres, n’est pas trop rĂ©ductionniste peut-on rĂ©duire le corps humain Ă  une machine ? Le corps humain est une Machine qui monte elle-mĂȘme ses ressorts ; vivante image du mouvement perpĂ©tuel. [
] Mais puisque toutes les facultĂ©s de l’ñme dĂ©pendent tellement de la propre organisation du cerveau et de tout le corps qu’elles ne sont visiblement que cette organisation mĂȘme, voilĂ  une machine bien Ă©clairĂ©e ! Car enfin, quand l’homme seul aurait reçu en partage la Loi naturelle, en serait-il moins une machine ? Des roues, quelques ressorts de plus que dans les animaux les plus parfaits, le cerveau proportionnellement plus proche du cƓur, et recevant aussi plus de sang, la mĂȘme raison donnĂ©e ; que sais-je enfin ? Des causes inconnues produiraient toujours cette conscience dĂ©licate, si facile Ă  blesser, ces remords qui ne sont pas plus Ă©trangers Ă  la matiĂšre que la pensĂ©e, et en un mot toute la diffĂ©rence qu’on suppose ici. L’organisation suffirait-elle donc Ă  tout ? Oui, encore une fois ; puisque la pensĂ©e se dĂ©veloppe visiblement avec les organes, pourquoi la matiĂšre dont ils sont faits ne serait-elle pas aussi susceptible de remords, quand une fois elle a acquis avec le temps la facultĂ© de sentir ? L’ñme n’est donc qu’un vain terme dont on n’a point d’idĂ©e, et dont un bon esprit ne doit se servir que pour nommer la partie qui pense en nous. PosĂ© le moindre principe de mouvement, les corps animĂ©s auront tout ce qu’il leur faut pour se mouvoir, sentir, penser, se repentir, et se conduire, en un mot, dans le physique et dans le moral qui en dĂ©pend. [
] En effet, si ce qui pense en mon cerveau n’est pas une partie de ce viscĂšre, et consĂ©quemment de tout le corps, pourquoi lorsque tranquille dans mon lit je forme le plan d’un ouvrage, ou que je poursuis un raisonnement abstrait, pourquoi mon sang s’échauffe-t-il ? pourquoi la fiĂšvre de mon esprit passe-t-elle dans mes veines ? ». Autoexercice 5 La thĂšse de La Mettrie a connu un regain d’intĂ©rĂȘt chez de nombreux chercheurs qui explorent l’interface entre la machine informatique et le corps humain selon eux, le cerveau serait mĂȘme comparable Ă  une machine informatique. Dans L’Homme Neuronal 1983, Jean-Pierre Changeux avançait en effet l’hypothĂšse que le corps fonctionne comme un ordinateur. On a ainsi reprochĂ© Ă  l’auteur de rĂ©duire le corps humain Ă  un ensemble de mĂ©canismes. → Consultez tout d’abord l’article de Françoise Monier L’Express, 1/11/2005 qui fait le point sur le problĂšme. – → RĂ©pondez ensuite Ă  cette question Selon vous, peut-on rĂ©duire le corps Ă  une machine ? Faut-il craindre les innovations spectaculaires qui sont en train de bouleverser les rapports entre le corps humain et l’ordinateur ? Vous rĂ©pondrez de façon argumentĂ©e en essayant de prendre en compte diffĂ©rents points de vue dans votre dĂ©monstration. Vous pourrez Ă©tayer votre rĂ©flexion grĂące Ă  cette page, trĂšs bien faite ; et en lisant Ă©galement l’article de Paul Molga Jusqu’oĂč reconstruire le corps humain ? » Les Échos, 22/10/2013. Autoexercice 6 Le MusĂ©e de l’Homme Paris a consacrĂ© du 24 septembre 2016 au 18 septembre 2017 une exposition dont le thĂšme Ă©tait Qui sommes-nous ? D’oĂč venons-nous ? OĂč allons-nous ? ». → Quels questionnements vous inspire l’affiche créée Ă  cette occasion ? __ Netiquette comme pour l’ensemble des textes publiĂ©s dans l’Espace PĂ©dagogique Contributif, cet article est protĂ©gĂ© par copyright. Ils est mis Ă  disposition des internautes selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification France. La diffusion publique est autorisĂ©e sous rĂ©serve de mentionner le nom de l’auteur ainsi que la rĂ©fĂ©rence complĂšte de l’article citĂ© URL de la page. © Bruno Rigolt, septembre 2017, novembre 2019– L’énergie intelligente est de plus en plus prĂ©sente, autant dans les domaines des sciences et du gĂ©nie que dans les mĂ©dias et dans la vie quotidienne. Hilo, une filiale d’Hydro-QuĂ©bec, offre des services rĂ©sidentiels d’énergie intelligente, tout comme Bell, Telus ou VidĂ©otron, sous les appellations de maison connectĂ©e », de maison intelligente » ou encore de domotique ». On y vante les Ă©conomies d’énergie, l’augmentation du confort par le rĂ©glage de thermostats, par exemple et la diminution des inquiĂ©tudes quant Ă  un Ă©ventuel vol, dĂ©gĂąt d’eau ou incendie. Au-delĂ  du secteur rĂ©sidentiel, l’énergie intelligente se retrouve dans les secteurs du transport vĂ©hicules Ă©lectriques et leurs bornes de recharge, des rĂ©seaux Ă©lectriques, etc. De nombreuses villes se disent dĂ©sormais intelligentes », parce qu’elles utilisent les technologies de l’information et de la communication pour amĂ©liorer la qualitĂ© de leurs services ou rĂ©duire leurs coĂ»ts. Mieux dĂ©finir l’énergie intelligente » D’importantes sommes ont Ă©tĂ© investies dans des activitĂ©s de recherche et de dĂ©veloppement dans les secteurs qui lui sont associĂ©s. À titre d’exemple, de 2007 Ă  2013, le programme Énergie intelligente pour l’Europe EIE a offert du financement pour des projets du domaine Ă©nergĂ©tique Ă  hauteur d’environ 730 millions d’euros. Bien que les montants soient moins considĂ©rables chez nous, des investissements ont aussi lieu au QuĂ©bec. Au dĂ©but de l’annĂ©e 2020, le Gouvernement du QuĂ©bec a octroyĂ© 600 000 $ Ă  l’UniversitĂ© du QuĂ©bec Ă  Trois-RiviĂšres UQTR pour lui permettre d’entamer les opĂ©rations du RĂ©seau quĂ©bĂ©cois sur l’énergie intelligente RQEI, qui a pour but de regrouper les experts et expertes quĂ©bĂ©cois de l’intelligence Ă©nergĂ©tique. Mais de quoi parle-t-on, exactement, lorsqu’on emploie l’expression Ă©nergie intelligente » ? Dans les Ă©crits scientifiques, il ne semble pas exister de dĂ©finition qui fasse consensus elle est parfois prĂ©sumĂ©e ou dĂ©pend des champs d’application. Or, pour bien comprendre les enjeux, apports et dĂ©fis d’une technologie qui entre dans nos maisons et dans laquelle nous investissons collectivement, il faut en dĂ©finir le concept. Pour tenter de cerner la notion d’énergie intelligente, notre Ă©quipe, formĂ©e de deux didacticiens des sciences et de deux physiciens, a cherchĂ© Ă  savoir quels sont les organismes ou entreprises qui Ɠuvrent spĂ©cifiquement dans le domaine. Nous avons ensuite rĂ©pertoriĂ© les maniĂšres dont ils dĂ©crivent l’énergie intelligente et ses caractĂ©ristiques, en plus des services qu’ils offrent, via les descriptions qu’ils formulent sur leurs sites web. Un concept liĂ© Ă  de nombreuses applications Le concept d’énergie intelligente est principalement utilisĂ© par des firmes d’ingĂ©nierie, des entreprises comme Hilo, des organismes subventionnaires et des Ă©quipes de chercheurs et chercheuses. Dans notre recension des descriptions de l’énergie intelligente sur les sites web de ses principaux acteurs, les applications les plus frĂ©quemment nommĂ©es Ă©taient l’utilisation des donnĂ©es du systĂšme Ă©lectrique afin d’en amĂ©liorer la gestion. En observant le systĂšme Ă  l’aide d’appareils de mesure, le client peut recevoir en temps rĂ©el des informations afin d’amĂ©liorer la gestion de sa consommation d’électricitĂ©. les produits peu Ă©nergivores ou pouvant ĂȘtre contrĂŽlĂ©s Ă  partir d’une application sur le tĂ©lĂ©phone ou l’ordinateur ce que l’on appelle souvent Internet des objets ». le domaine des rĂ©seaux Ă©lectriques intelligents souvent appelĂ©s smart grids, c’est-Ă -dire des rĂ©seaux contenant des dispositifs leur permettant d’ajuster automatiquement la distribution d’électricitĂ© grĂące Ă  l’échange d’information entre le consommateur et le distributeur ; la production d’électricitĂ© dĂ©centralisĂ©e, c’est-Ă -dire une production qui peut ĂȘtre faite par l’industrie ou par des consommateurs plutĂŽt que seulement par Hydro-QuĂ©bec, par exemple ; les technologies d’emmagasinage d’énergie notamment dans les voitures Ă©lectriques et la gestion de cette Ă©nergie stockĂ©e ; la gestion des Ă©nergies intermittentes par exemple, l’énergie Ă©olienne, qui est seulement produite lorsque les conditions mĂ©tĂ©orologiques sont favorables ; la gestion des rĂ©seaux Ă©nergĂ©tiques Ă  l’aide de l’intelligence artificielle. Le bon et le moins bon d’une Ă©nergie intelligente Évidemment, l’expression Ă©nergie intelligente » n’est pas basĂ©e sur la nature mĂȘme de l’énergie. Ce qui la rend intelligente », c’est plutĂŽt la capacitĂ© des systĂšmes Ă  optimiser Ă  la fois sa production, sa distribution, sa transformation et son utilisation. Les diffĂ©rents acteurs du domaine lui associent plusieurs avantages. Le faible impact environnemental est l’avantage le plus frĂ©quemment nommĂ© sur les sites web des organismes rĂ©pertoriĂ©s. L’énergie intelligente est souvent liĂ©e aux notions d’énergie verte ou renouvelable et elle est souvent qualifiĂ©e d’écologique ou d’utile pour la transition zĂ©ro carbone. Bien que plusieurs de ces affirmations soient gĂ©nĂ©ralement justifiĂ©es – par exemple, l’énergie intelligente est souvent issue d’une source renouvelable le vent, le dĂ©placement de l’eau, etc. –, toutes ces expressions ne sont pas interchangeables elles dĂ©signent des idĂ©es diffĂ©rentes. Par exemple, alors que l’énergie intelligente rĂ©fĂšre habituellement Ă  l’optimisation des systĂšmes, l’énergie renouvelable renvoie plutĂŽt Ă  sa source, qui peut se rĂ©gĂ©nĂ©rer en un temps raisonnable. De plus, les technologies de l’énergie intelligente minimisent les pertes d’énergie, notamment en permettant l’optimisation des systĂšmes. Elles peuvent aussi faciliter la gestion des pointes de demande Ă©nergĂ©tique, par exemple en pĂ©riode de froid intense. On pourrait alors dĂ©caler automatiquement la consommation d’électricitĂ© de certains appareils dans le temps. On rĂ©duirait ainsi le besoin d’acheter de l’énergie souvent produite Ă  partir de sources polluantes Ă  d’autres entreprises lorsque la demande Ă©nergĂ©tique surpasse la production locale. L’énergie intelligente serait aussi plus sĂ©curitaire et plus fiable ; elle permettrait de rĂ©duire les coĂ»ts Ă©nergĂ©tiques des entreprises comme des particuliers et son utilisation serait plus flexible. Cependant, les enjeux l’entourant sont rarement mentionnĂ©s par les acteurs du domaine. On peut par exemple penser Ă  la sĂ©curitĂ© des systĂšmes relevant les donnĂ©es de consommation des maisons, Ă  la surveillance par des gouvernements et des entreprises privĂ©es et Ă  des fuites de donnĂ©es et au piratage de systĂšmes. Read more Les rĂšgles canadiennes en matiĂšre de protection de la vie privĂ©e en ligne sont Ă  revoir La surveillance par des gouvernements et entreprises privĂ©es, les fuites de donnĂ©es et le piratage de systĂšmes sont aussi Ă  considĂ©rer dans l’étude de l’énergie intelligente. Shutterstock Il y a aussi la question des dĂ©chets engendrĂ©s par l’obsolescence des systĂšmes intelligents lorsque de nouvelles technologies seront disponibles. On sait de plus que l’entreposage des donnĂ©es nĂ©cessaires au fonctionnement des systĂšmes d’énergie intelligente a un impact environnemental considĂ©rable. Read more L’empreinte environnementale de l’économie numĂ©rique menace la planĂšte En quĂȘte d’une dĂ©finition Bien que ces renseignements nous permettent de dresser un portrait plus prĂ©cis de l’énergie intelligente, sa dĂ©finition reste encore Ă  clarifier. En absence d’une dĂ©finition partagĂ©e, les contours du concept restent Ă  dĂ©finir une technologie pourrait ĂȘtre jugĂ©e intelligente par certains parce qu’elle utilise une intelligence artificielle pour optimiser sa production. D’autres pourraient ne pas considĂ©rer la mĂȘme technologie comme intelligente puisqu’elle utilise une Ă©nergie non renouvelable. Si la popularitĂ© du qualificatif intelligent » est liĂ©e Ă  l’intĂ©rĂȘt actuel portĂ© au domaine de l’intelligence artificielle, l’utilisation de l’expression Ă©nergie intelligente » semble parfois ĂȘtre associĂ©e, de façon gĂ©nĂ©rique, Ă  de bonnes pratiques Ă©nergĂ©tiques. Au-delĂ  de la valeur promotionnelle de cette dĂ©nomination, nous croyons que le concept d’énergie intelligente est pertinent et qu’il regroupe des champs d’activitĂ© comme l’optimisation Ă©nergĂ©tique, les Ă©nergies renouvelables ou l’utilisation de l’intelligence artificielle constituant un domaine des sciences de l’énergie qui appelle Ă  ĂȘtre mieux circonscrit. DĂ©cryptages La dĂ©sintĂ©gration des noyaux d’un atome dĂ©gage des rayonnements, un phĂ©nomĂšne appelĂ© radioactivitĂ©. Comme les atomes instables sont prĂ©sents dans toute la matiĂšre, nous sommes entourĂ©s d’une radioactivitĂ© naturelle. S’y ajoute parfois la radioactivitĂ© provoquĂ©e par l’Homme, que ce soit dans des applications militaires, mĂ©dicales ou industrielles. Celle-ci est mesurĂ©e avec prĂ©cision et strictement contrĂŽlĂ©e pour Ă©viter sa dissĂ©mination dans l’environnement et les tissus vivants. On connaĂźt actuellement 118 Ă©lĂ©ments chimiques, caractĂ©risĂ©s par un nombre dĂ©fini de protonsLes protons sont des particules de charge Ă©lectrique positive. Ils constituent avec les neutrons le noyau de l’atome. dans leur noyau Voir le dĂ©cryptage De la chimie au nuclĂ©aire, le grand saut de l’énergie ». Ces 118 Ă©lĂ©ments regroupent quelque 2 800 isotopesLes atomes d’un mĂȘme Ă©lĂ©ment peuvent comporter un nombre diffĂ©rent de neutrons tout en conservant le mĂȘme nombre de protons... mĂȘme nombre de protons, mais nombre de neutronsLes neutrons sont, avec les protons, les particules constituantes du noyau de l’atome. Ils sont Ă©lectriquement neutres. diffĂ©rents. Sur ces 2 800 noyaux connus aujourd’hui, seuls 264 sont stables. Plus de 2 500 le nombre d’isotopes instables, donc radioactifs, dans la nature Or la nature n’aime pas l’instabilitĂ©. Les isotopes instables vont Ă©voluer vers un Ă©tat de stabilitĂ© et se transformer on dit se dĂ©sintĂ©grer » progressivement en Ă©mettant une ou plusieurs particules et des rayonnements Ă©lectromagnĂ©tiques. C'est ce que l'on appelle communĂ©ment la radioactivitĂ©DĂ©couverte en 1896 par le physicien français Henri Becquerel, la radioactivitĂ© est un phĂ©nomĂšne naturel... . En d’autres termes, la radioactivitĂ©, c’est la quĂȘte de la stabilitĂ©1. Au fur et Ă  mesure que les atomesL'atome est le constituant fondamental de la matiĂšre, la plus petite unitĂ© indivisible d'un Ă©lĂ©ment chimique... se dĂ©sintĂšgrent, la radioactivitĂ© d'un Ă©lĂ©ment diminue. Cela s’appelle la dĂ©croissance radioactive. Le temps au bout duquel la radioactivitĂ© a diminuĂ© de moitiĂ© a pour nom la pĂ©riode radioactive. Chaque Ă©lĂ©ment physique a une pĂ©riode qui lui est propre, qui peut varier de quelques fractions de secondes
 Ă  des milliards d'annĂ©es ! La pĂ©riode radioactive de l’oxygĂšne 15 est de deux minutes, celle de l'iode 131 de huit jours, celle du carbone 14 de 5 730 ans et celle de l’uraniumMĂ©tal gris, trĂšs dense et radioactif, l'uranium est un Ă©lĂ©ment relativement rĂ©pandu dans l'Ă©corce terrestre et l'eau des ocĂ©ans... 238 de plus de 4,5 milliards d'annĂ©es. Un phĂ©nomĂšne naturel ou artificiel Toute matiĂšre au sein de l'univers est constituĂ©e d'une proportion plus ou moins grande d'atomes radioactifs. Nous vivons donc en permanence dans un environnement qui est naturellement radioactif2. MĂȘme le corps humain l’est lĂ©gĂšrement environ 150 becquerels par kilogramme. La radioactivitĂ© naturelle a notamment une origine telluriqueTellurique est un adjectif signifiant "qui est relatif Ă  la terre" ou "qui provient de la terre"... , provenant du sol, et tout particuliĂšrement des rĂ©gions granitiques. Elle est Ă©galement d’origine cosmique, en raison de rĂ©actions nuclĂ©aires dans les hautes couches de l’atmosphĂšre. Ainsi, plus on monte en altitude, notamment lors de voyages en avion, plus on est soumis Ă  la radioactivitĂ©. L’air contient aussi des substances radioactives, essentiellement le radonLe radon est un gaz rare, inodore, provenant de la dĂ©sintĂ©gration du radium, lui-mĂȘme maillon de la chaĂźne de dĂ©sintĂ©gration naturelle de l'uranium et du thorium... . Plus des deux tiers de la radioactivitĂ© Ă  laquelle nous sommes exposĂ©s chaque annĂ©e est d'origine naturelle. Plus des deux tiers de la radioactivitĂ© Ă  laquelle nous sommes tous exposĂ©s chaque annĂ©e est d'origine naturelle. Le reste est dĂ» Ă  une radioactivitĂ© provoquĂ©e par l’Homme3, essentiellement les examens mĂ©dicaux et le traitement de certaines maladies 28 % et, pour une trĂšs faible part, certaines activitĂ©s industrielles centrales Ă  charbon, industries nuclĂ©aires ou non nuclĂ©aire ou militaires. Les diffĂ©rents types de rayonnements Il existe trois types principaux de rayonnements les rayonnements Alpha α, formĂ©s de particules comportant deux protons et deux neutrons, dont la portĂ©e dans l'air est de quelques centimĂštres. Ces particules sont arrĂȘtĂ©es par une simple feuille de papier ; les rayonnements BĂȘta ÎČ, formĂ©s d'Ă©lectronsLa matiĂšre est composĂ©e d'atomes. Un atome comporte un noyau formĂ© de protons particules de charge Ă©lectrique positive et de neutrons... , qui parcourent quelques mĂštres dans l'air. Il suffit d'une feuille d'aluminium, d'une vitre ou d'une planche de bois pour les arrĂȘter ; les rayonnements Gamma Îł, qui sont des rayonnements Ă©lectromagnĂ©tiques, beaucoup plus pĂ©nĂ©trants ils peuvent parcourir plusieurs centaines de mĂštres dans l'air et sont de mĂȘme nature que les rayons X. De fortes Ă©paisseurs de plomb ou de bĂ©ton sont nĂ©cessaires pour les attĂ©nuer. Les unitĂ©s de mesure Les scientifiques ont dĂ©fini trois niveaux pour mesurer la radioactivitĂ© voir encadrĂ©. Les unitĂ©s de mesure de la radioactivitĂ© L’intensitĂ© de la source radioactive est mesurĂ©e par le becquerel Bq. Un Bq correspond Ă  1 dĂ©sintĂ©gration par seconde c’est une unitĂ© infiniment petite. On utilisait autrefois le curie mais cette unitĂ© est aujourd’hui abandonnĂ©e. La quantitĂ© de radioactivitĂ© absorbĂ©e par un matĂ©riau inerte ou un tissu vivant, mesurĂ©e par le gray symbole Gy. Cette dose » de radioactivitĂ© est la quantitĂ© d’énergie absorbĂ©e par un kilogramme de matiĂšre. La quantitĂ© de radioactivitĂ© absorbĂ©e spĂ©cifiquement par un tissu vivant plante, animal, humain. C’est le sievert Sv, avec ses sous-unitĂ©s le millisievert mSv et le microsievert ”Sv. Pour les rayonnements bĂȘta et gamma, 1 Sv est Ă©quivalent Ă  1 Gy. Les scientifiques ont Ă©prouvĂ© le besoin d’une unitĂ© relative Ă  l’irradiation du tissu vivant le sievert SvUnitĂ© de mesure des effets d’un rayonnement radioactif sur un organisme vivant... . En effet, la radioactivitĂ© a des effets trĂšs importants sur celui-ci. Lors d’une irradiation aigĂŒe, du corps entier, les premiers malaises apparaissent au-delĂ  de 5 000 mSv et la vie est menacĂ©e. Les autoritĂ©s de sĂ»retĂ© nuclĂ©aire des diffĂ©rents pays ont pour mission la protection du public et des intervenants contre les Ă©ventuels effets nocifs des rayonnements ionisants. Ces effets se mesurent par le dĂ©bit de dose » exprimĂ© gĂ©nĂ©ralement en mSv par an. La radioactivitĂ© naturelle en France est d’environ 2,4 mSv par an, mais elle atteint 260 mSv dans certaines rĂ©gions du monde. Il n’est pas possible d’établir de corrĂ©lation entre les faibles doses typiquement <100 mSvt par an et un excĂšs de probabilitĂ© d’apparition de cancers dits radio-induits. La loi française a fixĂ© pour le public des limites strictes Ă  l’irradiation provoquĂ©e 1 mSv par an. Pour un professionnel travailleur de l’industrie nuclĂ©aire ou opĂ©rateur mĂ©dical, elle a Ă©tĂ© fixĂ©e Ă  un niveau plus haut -20 mSv- mais sans danger reconnu. A titre de comparaison, un an Ă  bord d’une station spatiale correspond Ă  une exposition de 100 Ă  300 mSv. Sources 1 INRS 2 3 Accueil ‱Ajouter une dĂ©finition ‱Dictionnaire ‱CODYCROSS ‱Contact ‱Anagramme naturel ou artificiel — Solutions pour Mots flĂ©chĂ©s et mots croisĂ©s Recherche - Solution Recherche - DĂ©finition © 2018-2019 Politique des cookies.

elle est parfois artificielle ou bien encore naturelle