Téléchargerle livre Fables - BAC 2021 de Jean De La Fontaine en Ebook au format ePub sur Vivlio et retrouvez le sur votre liseuse préférée. Larticle de Pierre Girardey envisage une réflexion sur le parcours "Imagination et pensée au XVIIème siècle" en lien avec l'étude des Fables de La Fontaine. Exemple d'analyse grammaticale Analyse grammaticale de la lettre CLXI des Lettres persanes de Montesquieu, par Patricia Muckensturm Cettedissertation traite de la problématique suivante : Dans le « Pouvoir des Fables », La Fontaine écrit : « Le monde est vieux, dit-on, je le crois / Cependant il faut l’amuser encore comme un enfant. ». D’après votre lecture des Fables et du parcours « Imagination et pensées du XVIIème siècle », pensez-vous que l’imagination serve seulement à distraire Les Obsèques de la Lionne" critique le Roi et sa Cour, même remarque : il y a plusieurs fables sur ce thème (par exemple "Les animaux malades de la peste"). Le parcours s'avère limité si on prend l'Imagination comme sujet, car il s'agit alors de trouver des textes un peu philosophiques à son propos. Repères sur La Fontaine et le contexte historique des Fables ; - Résumés de textes et des repères dans l'oeuvre ; - Thèmes expliqués et commentaires linéaires des Fables ; - Le parcours associé, Imagination et pensée au XVIIe siècle, explicité ; - Astuces pour comprendre et réviser vite et efficacement ; - Exemples de Vay Tiền Trả Góp Theo Tháng Chỉ Cần Cmnd. Examen écrit avant l’oral de le Bac Français cette année, certains aménagements ont été accordés aux candidats pour la voie générale ils auront à choisir entre 2 séries de 3 sujets de dissertation au lieu d’une, et 2 sujets de commentaires ; le nombre de sujets proposés aux candidats des séries technologiques est lui aussi doublé, puisqu’ils devront choisir entre 4 sujets 2 commentaires, et 2 résumés de texte chacun suivi d’un essai. Facilités accordées aux candidats du Bac 2021 suite aux difficultés de préparation cours à distance, en demi groupe....Au programme cette année pour la série Générale la poésie du XIXe siècle au XXI siècle avec par exemple le poème L’ancienne gare de Cahors » de Valéry Larbaud 1913 ou encore Victor Hugo Les Contemplations, Baudelaire les fleurs du Mal, Guillaume Apolinaire Alcools - mais aussi le roman et récit du Moyen Age au XXIe siècle avec Georges Perec et enfin le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle avec Molière, Marivaux et Jean-Luc les séries Techno Tzvetan Todorov, Montaigne, Jean de La Fontaine, Eloïse Lhérété, Victor Hugo, Voltaire...Date Jeudi 17 juin 2021 de 14h à 18 hDurée de l'épreuve anticipée de français 4hSéries Générale et TechnoCoefficient 5Les corrigés des épreuves du Bac français sont maintenant disponiblesBac Français 2021 Série Générale - 1er sujetVous traiterez, au choix, l’un des deux sujets suivants 1- Commentaire 20 pointsObjet d'étude Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècleVous commenterez le texte suivant Georges PEREC 1936-1982, Les Choses 1965 – extrait du chapitre 22- Dissertation 20 pointsObjet d'étude La poésie du XIXe siècle au XXIe siècleLe candidat traite au choix, compte tenu de l’oeuvre et du parcours étudiés durant l’année, l’un des trois sujets suivants Sujet AOEuvre Victor Hugo, Les Contemplations, livres I à IVSujet BOEuvre Baudelaire, Les Fleurs du MalSujet COEuvre Guillaume Apollinaire, AlcoolsBac Français 2021 Série Générale - Sujet BisVous traiterez, au choix, l’un des deux sujets suivants 1- Commentaire 20 pointsObjet d'étude La poésie du XIXe siècle au XXIe siècleVous commenterez le texte suivant Valéry LARBAUD, Les Poésies de Barnabooth, 19132- Dissertation 20 pointsObjet d'étude Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècleLe candidat traite au choix, compte tenu de l’oeuvre et du parcours étudiés durant l’année, l’un des trois sujets suivants Sujet AOEuvre Molière, Le Malade imaginaireSujet BOEuvre Marivaux, Les Fausses confidencesSujet COEuvre Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du mondeBac Français séries Technologiques - sujet 1Vous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants 1- Commentaire de texte 20 pointsRomain Gary, La Promesse de l’aube, Contraction de texte 10 points et essai 10 pointsCompte tenu de l’oeuvre et du parcours étudiés durant l’année, vous traiterez l’un des trois sujets suivants A- Montaigne, Essais, Des Cannibales » I, 31. Parcours Notre monde vient d’en trouver un de Tzvetan Todorov, La découverte de l’Amérique », préface de Le Nouveau Monde récits de Amerigo Vespucci, Christophe Colomb, Pierre Martyr d’Anghiera, Jean de La Fontaine, Fables, livres VII à IX. Parcours Imagination et pensée au XVIIème d’Eloïse Lhérété, Les livres ont du pouvoir », Sciences humaines, n° 321, janvier Voltaire, L’Ingénu. Parcours Voltaire, esprit des d’Antoine Lilti, Lumières. Peut-on éduquer le peuple ? », L’Histoire, n° 463, septembre Français séries Technologiques - sujet BisVous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants 1- Commentaire de texte 20 pointsVictor HUGO, Le Roi s’amuse, acte II, scène 4, - Contraction de texte 10 points et essai 10 pointsCompte tenu de l’oeuvre et du parcours étudiés durant l’année, vous traiterez l’un des trois sujets suivants A – Montaigne, Essais, Des Cannibales », I, 31. Parcours Notre monde vient d’en trouver un de Rodolphe Christin, Manuel de l’anti-tourisme, – Jean de La Fontaine, Fables, livres VII à IX. Parcours Imagination et pensée au XVIIème d’après Janick Auberger Entre l’écrit et l’image, l’animal de fiction, un homme travesti ? », Contre-Jour, n°13, automne – Voltaire, L’Ingénu. Parcours Voltaire, esprit des d’après Antoine Lilti, L’héritage des Lumières », Les Grands dossiers des Sciences humaines, n°56, septembre-octobre-novembre 2019.=> Les corrigés des épreuves du Bac français sont maintenant disponiblesConsultez aussi Spécial BACDates du Bac épreuve par épreuveLes alertes résultats du Bac officiels et gratuits, en direct des académies... Imagination et pensée » dans Les Fables - Jean La FontaineLes Fables, livres VII à XI – La Fontaine 1678Et pour suivre la leçon en vidéo, c'est par ici !... I. Éléments de culture littéraire1. L'argumentation → distinction... -a argumentation directe = genre qui aborde un sujet de réflexion, ouvertement Ex Les essais où Montaigne se propose de disserter sur tel ou tel sujet -b argumentation indirecte = genre qui emploie le détour de la fiction pour aborder un sujet Ex Les Fables où La Fontaine met en scène des animaux pour évoquer l'être-humain, la société etc. → spécificité de l'apologue... = récit court avec une morale, plus ou moins explicité → contes en prose de Perrault → paraboles dans la bible → fables en général Des citations qui mettent bien... L'apologue est composé de deux parties, dont on peut appeler l'une le Corps, l'autre l'âme. Le Corps est la Fable ; l'Âme, la moralité. » dans Préface » L'apologue est un don qui vient des immortels. » dans À Madame de Montespan »2. Le classicisme Sensibilité désignée usuellement comme “ mouvement ” en quête d'ordre et de mesure, après l'exubérance du baroque. // stabilisation de la monarchie → absolue et de l'État moderne sur le plan national, après les troubles des guerres de religion. → codification et règles de composition, inspirées par la redécouverte de textes antiques La Poétique d'Aristote Ex les 3 unités dans le théâtre classique... OR - diversité et variété de composition au cœur des Fables J'ai tâché de mettre en ces deux dernières Parties toute la diversité dont j'étais capable. », dans Avertissement » + Ex hétérométrie vers de longueurs inégales → le talent du fabuliste et le plaisir du récit prime sur l'ordre...3. Le moralisme MAIS Partie prenante de cette vocation “ classiciste ” d'ordre et de mesure, une réflexion morale sur le comportement et les modèles à suivre pour l'être-humain. → dénonciation des excès au travers des caractères » → maximes et aphorismes pour guider les lecteurs → apologues et fables pour illustrer une morale » → principe-clé du classicisme moraliste Placere et docere » -a placere = plaire → le corps », c'est-à-dire le récit du fabuliste -b docere = instruire → l'âme », c'est-à-dire la moralité, le sens allégorique Les citations qui mettent bien... Une morale nue apporte de l’ennui / Le conte fait passer le précepte avec lui. / En ces sortes de feinte il faut instruire et plaire, /Et conter pour conter me semble peu d’affaire. » dans Le pâtre et le lion » Par les raisonnements et conséquences que l'on peut tirer de ces Fables, on se forme le jugement et les mœurs, on se rend capable de grandes choses. » dans Préface »II. Les mots du programme1. Imagination Étymologie = latin imago » → faculté qui permet de former des visions ; puis de créer des images mentales ; enfin de les recomposer afin d'imaginer des choses inédites. Questionnement autour du vrai et du faux... C’est cette partie dominante dans l’homme, cette maîtresse d’erreur et de fausseté, et d’autant plus fourbe qu’elle ne l’est pas toujours, car elle serait règle infaillible de vérité si elle l’était infaillible du mensonge. » dans Les Pensées de Pascal2. Pensée → renvoi à la réflexion... -a comme élément de culture la pensée des classiques » = ensemble d'idées -b comme processus la pensée consciente » = vie de l'esprit Imagination et pensée » dans Les Fables - Jean La Fontaine Imagination et pensée » dans Les Fables - Jean La FontaineQuelques sujets enfin... Dans quelle mesure faut-il prendre les Fables de La Fontaine au sérieux ? Vous répondrez à cette question dans un développement organisé. Votre réflexion prendra appui sur l'œuvre de Jean de La Fontaine au programme, sur le travail mené dans le cadre du parcours associé et sur votre culture personnelle. Question ouverte =interrogation partielle = plan thématique[-dialectique] La première mesure le corps -un récit entraînant Le deuxième mesure l'âme -une leçon à retenir La troisième mesure l'âme bis -l'apprentissage de la réflexion, les fables m'apprennent à me poser des questions → l'imagination faculté de l'âme qui implique une vigilance constante, et donc un questionnement perpétuel, une attitude de réflexion prolongée I. Les fables ne paraissent pas tellement sérieuses à première vue. a privilège du récit entraînant la fiction domine + virtuosité du conteur avec la brièveté dans la mise en place du schéma narratif + hétérométrie b s'évader du réel le merveilleux anthropomorphisme + exotique c l'humour et la dérision un grotesque aux proportions épiques Les deux coqs, la tortue et les deux canards, un comique de l'absurde le curé et le mort, L'ours et l'amateur des jardins, le mal marié position personnelle du fabuliste qui se moqueII. Mais en fait on retrouve un aspect sérieux au cœur des fables il en va de la moralité le placere du I est complété avec le docere a la dualité de la fiction et de la morale place privilégiée dans l'ordre de la fable + formule percutante à la manière d'un proverbe + interpellation du fabuliste , impératif Les obsèques de la Lionne », Le héron La fille » Ecoutez lecteurs, dialogue L'homme et la couleuvre » b leçons de morale sens allégorique des différents animaux =qualités ou défauts moraux → comprendre le genre humain et ses caractères en déchiffrant la signification morale de la fable c critique de la société et de l'injustice la figure du Lion qui incarne l'ordre absolutiste et toutes les fables qui renvoient au fonctionnement de la courIII. Au-delà de ces leçons de morale, les fables portent plus loin encore la réflexion en ce qu'elles nous questionnent plutôt que de nous apporter des réponses... J'apprends à penser. -a l'interrogation en attente d'une réponse questions au lecteur ou morale implicite -b le désir de philosopher → Discours à Mme de La Sablière qui est une réplique à la doctrine cartésienne de l'animal-machine, et qui ouvre un débat sur les différents types d'êtres-vivants. -c Interroger l'imagination → la fable ne fait pas qu'exploiter les ressources de l'imagination, elle interroge son rôle et ses limites = ambivalence de l'imagination dans les différentes fables → La laitière + Le pouvoir des fables Christian Biet, critique contemporain, définit la fable comme un mensonge qui dit la vérité ». À la lumière de votre lecture des livres VII à XI des Fables et des textes étudiés dans le parcours Imagination et pensée au XVIIe siècle », vous vous demanderez dans quelle mesure l'imagination dans les fables est efficace pour délivrer une pensée sur l' La fable est avant tout mensonge imaginaire le plaisir fictionnel prime sur les autres Mais ce plaisir de la fiction sert en définitive l'instruction et ses vérités morales en captivant le Plus encore, l'imagination employant l'apologue fictif permet de concevoir des choses inédites et d'interroger avec un regard nouveau certaines questions elle délivre la pensée de l'homme ! Dans sa fable intitulée Le Bûcheron et Mercure », La Fontaine définit ainsi le genre de la fable Une ample Comédie à cent actes divers, / Et dont la scène est l'Univers. » Qu'en pensez vous ?Quelques sujets enfin... Dans quelle mesure faut-il prendre les Fables de La Fontaine au sérieux ? Vous répondrez à cette question dans un développement organisé. Votre réflexion prendra appui sur l'œuvre de Jean de La Fontaine au programme, sur le travail mené dans le cadre du parcours associé et sur votre culture personnelle. Question ouverte =interrogation partielle = plan thématique[-dialectique] La première mesure le corps -un récit entraînant Le deuxième mesure l'âme -une leçon à retenir La troisième mesure l'âme bis -l'apprentissage de la réflexion, les fables m'apprennent à me poser des questions → l'imagination faculté de l'âme qui implique une vigilance constante, et donc un questionnement perpétuel, une attitude de réflexion prolongée I. Les fables ne paraissent pas tellement sérieuses à première vue. a privilège du récit entraînant la fiction domine + virtuosité du conteur avec la brièveté dans la mise en place du schéma narratif + hétérométrie b s'évader du réel le merveilleux anthropomorphisme + exotique c l'humour et la dérision un grotesque aux proportions épiques Les deux coqs, la tortue et les deux canards, un comique de l'absurde le curé et le mort, L'ours et l'amateur des jardins, le mal marié position personnelle du fabuliste qui se moqueII. Mais en fait on retrouve un aspect sérieux au cœur des fables il en va de la moralité le placere du I est complété avec le docere a la dualité de la fiction et de la morale place privilégiée dans l'ordre de la fable + formule percutante à la manière d'un proverbe + interpellation du fabuliste , impératif Les obsèques de la Lionne », Le héron La fille » Ecoutez lecteurs, dialogue L'homme et la couleuvre » b leçons de morale sens allégorique des différents animaux =qualités ou défauts moraux → comprendre le genre humain et ses caractères en déchiffrant la signification morale de la fable c critique de la société et de l'injustice la figure du Lion qui incarne l'ordre absolutiste et toutes les fables qui renvoient au fonctionnement de la courIII. Au-delà de ces leçons de morale, les fables portent plus loin encore la réflexion en ce qu'elles nous questionnent plutôt que de nous apporter des réponses... J'apprends à penser. -a l'interrogation en attente d'une réponse questions au lecteur ou morale implicite -b le désir de philosopher → Discours à Mme de La Sablière qui est une réplique à la doctrine cartésienne de l'animal-machine, et qui ouvre un débat sur les différents types d'êtres-vivants. -c Interroger l'imagination → la fable ne fait pas qu'exploiter les ressources de l'imagination, elle interroge son rôle et ses limites = ambivalence de l'imagination dans les différentes fables → La laitière + Le pouvoir des fables Christian Biet, critique contemporain, définit la fable comme un mensonge qui dit la vérité ». À la lumière de votre lecture des livres VII à XI des Fables et des textes étudiés dans le parcours Imagination et pensée au XVIIe siècle », vous vous demanderez dans quelle mesure l'imagination dans les fables est efficace pour délivrer une pensée sur l' La fable est avant tout mensonge imaginaire le plaisir fictionnel prime sur les autres Mais ce plaisir de la fiction sert en définitive l'instruction et ses vérités morales en captivant le Plus encore, l'imagination employant l'apologue fictif permet de concevoir des choses inédites et d'interroger avec un regard nouveau certaines questions elle délivre la pensée de l'homme ! Dans sa fable intitulée Le Bûcheron et Mercure », La Fontaine définit ainsi le genre de la fable Une ample Comédie à cent actes divers, / Et dont la scène est l'Univers. » Qu'en pensez vous ? Comment peut-on s'aveugler assez pour appeler les fables la morale des enfants, sans songer que l'apologue, en les amusant, les abuse ; que, séduits par le mensonge, ils laissent échapper la vérité et que ce qu'on fait pour leur rendre l'instruction agréable les empêche d'en profiter ? Les fables peuvent instruire les hommes ; mais il faut dire la vérité nue aux enfants sitôt qu'on la couvre d'un voile, ils ne se donnent plus la peine de le lever. On fait apprendre les fables de La Fontaine à tous les enfants, et il n'y en a pas un seul qui les entende. Quand ils les entendraient, ce serait encore pis ; car la morale est tellement mêlée et si disproportionnée à leur âge, qu'elle les porterait plus au vice qu'à la vertu. Ce sont encore là direz-vous des paradoxes. Soit ; mais voyons si ce sont des vérités. Je dis qu'un enfant n'entend point les fables qu'on lui fait apprendre, parce que quelque effort qu'on fasse pour les rendre simples, l'instruction qu'on veut en tirer force d'y faire entrer des idées qu'il ne peut saisir, et que le tour même de la poésie, en les lui rendant les plus faciles à retenir, les lui rend plus difficiles à concevoir, en sorte qu'on achète l'agrément aux dépens de la clarté. […] Passons maintenant à la morale. Je demande si c'est à des enfants de dix ans qu'il faut apprendre qu'il y a des hommes qui flattent et mentent pour leur profit ? On pourrait tout au plus leur apprendre qu'il y a des railleurs qui persiflent les petits garçons, et se moquent en secret de leur sotte vanité ; mais le fromage fondu gâte tout ; on leur apprend moins à ne pas le laisser tomber de leur bec qu'à le faire tomber du bec d'un autre ? C'est ici mon second paradoxe, et ce n'est pas le moins important. Suivez les enfants apprenant leurs fables, et vous verrez que, quand ils sont en état d'en faire l'application, ils en font presque toujours une contraire à l'intention de l'auteur, et qu'au lieu de s'observer sur le défaut dont on veut les guérir ou préserver, ils penchent à aimer le vice avec lequel on tire parti des défauts des autres. Dans la fable précédente, les enfants se moquent du corbeau, mais ils s'affectionnent tous au renard ; dans la fable qui suit, vous croyez leur donner la cigale pour exemple ; et point du tout, c'est la fourmi qu'ils choisiront. On n'aime point à s'humilier ils prendront toujours le beau rôle ; c'est le choix de l'amour-propre, c'est un choix très naturel. Or, quelle horrible leçon pour l'enfance ! Le plus odieux de tous les monstres serait un enfant avare et dur, qui saurait ce qu'on lui demande et ce qu'il refuse. La fourmi fait plus encore, elle lui apprend à railler dans ses refus. Dans toutes les fables où le lion est un des personnages, comme c'est d'ordinaire le plus brillant, l'enfant ne manque point de se faire lion ; et quand il préside à quelque partage, bien instruit par son modèle, il a grand soin de s'emparer de tout. Mais, quand le moucheron terrasse le lion, c'est une autre affaire ; alors l'enfant n'est plus le lion, il est moucheron. Il apprend à tuer un jour à coups d'aiguillon ceux qu'il n'oserait attaquer de pied ferme. Dans la fable du loup maigre et du chien gras, au lieu d'une leçon de modération qu'on prétend lui donner, il en prend une licence1. Je n'oublierai jamais d'avoir vu beaucoup pleurer une petite fille qu'on avait désolée avec cette fable, tout en lui prêchant toujours la docilité. On eut peine à savoir la cause de ses pleurs ; on la sut enfin. La pauvre enfant s'ennuyait d'être à la chaîne, elle se sentait le cou pelé ; elle pleurait de n'être pas loup. Ainsi donc la morale de la première fable citée est pour l'enfant une leçon de la plus basse flatterie ; celle de la seconde une leçon d'inhumanité ; celle de la troisième, une leçon d'injustice ; celle de la quatrième, une leçon de satire ; celle de la cinquième une leçon d'indépendance. Cette dernière leçon, pour être superflue à mon élève, n'en est pas plus convenable aux vôtres. Quand vous lui donnez des préceptes qui se contredisent, quel fruit espérez-vous de vos soins ? Mais peut-être, à cela près, toute cette morale qui me sert d'objection contre les fables fournit-elle autant de raison de les conserver. Il faut une morale en paroles et une en actions dans la société et ces deux morales ne se ressemblent point. La première est dans le catéchisme, où on la laisse ; l'autre est dans les fables de La Fontaine pour les enfants, et dans ses contes pour les mères. Le même auteur suffit à tout. Composons, monsieur de La Fontaine. Je promets quant à moi de vous lire avec choix, de vous aimer, de m'instruire dans vos fables ; car j'espère ne pas me tromper sur leur objet ; mais, pour mon élève, permettez que je ne lui en laisse pas étudier une seule jusqu'à ce que vous m'ayez prouvé qu'il est bon pour lui d'apprendre des choses dont il ne comprendra pas le quart ; que, dans celles qu'il pourra comprendre, il ne prendra jamais le change, et qu'au lieu de se corriger sur la dupe, il ne se formera pas sur le fripon. Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l'éducation, livre II, Une licence une liberté Je révise Fiche La Fontaine, Fables livres VII à XI Je m'entraîne Annale corrigéeCommentaire littéraire Bergerac, L'Autre Monde ou Histoire comique des États et Empires de la Lune et du Soleil Annale corrigéeCommentaire littéraire La Bruyère, Les Caractères, "De l'homme", XI Annale corrigéeDissertation Récit et moralité dans les Fables de La Fontaine Annale corrigéeSujet d'oral La Fontaine, Fables, "La Tortue et les deux Canards" Annale corrigéeSujet d'oral La Fontaine, Fables, "Le Coche et la Mouche" Comprendre et s’approprier l’œuvre Recherches préliminaires L’édition des fables illustrée par Gustave Doré offre à la fois un réel confort de lecture et de superbes illustrations. Pour comprendre les fables, on pourra s’aider du Précis élémentaire de littérature dans lequel les figures de style, la versification et ses règles, l’apologue et la fable sont présentés et expliqués. Le Dictionnaire universel d’Antoine Furetière Tome 1 et Tome 2 constitue quant à lui une ressource lexicale précieuse, même si La Fontaine s’était opposé au dictionnaire, qui concurrençait les Académiciens. Enfin, Principes de littérature de Marin de Boylesve rappelle la distinction entre les poèmes héroïque, héroï-comique, ou badin, distinction qui pourra être utile pour étudier une fable comme "Les Deux Coqs". On trouvera aussi dans cet ouvrage des définitions claires et précises de l’apologue et de la fable, une analyse du merveilleux et de son emploi. Développer une pensée claire et unifiée à propos des les livres VII, VIII et IX, qui proposent des fables si variées, n’est pas chose aisée. Pour s’aider, on peut consulter la table des matières de La Fontaine, d’Émile Faguet. Cette table propose un classement de nombreuses fables par thématique, ce qui peut permettre l’organisation d’exposés, ou de groupements de textes pour les épreuves orales du bac. La découverte par l’image Pourquoi ne pas aborder l’étude des fables par l’image ? Dans Iconographie des fables de La Fontaine, La Motte, Dorat, Florian, Eugène Lévêque aborde les fables à travers leurs illustrations. L’auteur nous propose un court résumé de chaque fable et analyse, de façon succincte, le travail d’un Gustave Doré, ou d’un peintre animalier comme Jean-Baptiste Oudry. Parce qu’il passe en revue les tableaux que Gérôme, Fragonard ou Millet ont consacré aux fables, le livre d’Eugène Lévêque peut donner lieu à des réalisations d’exposés autour de la lecture d’images. Pour prolonger la réflexion, l’on pourra admirer la Collection des animaux quadrupèdes de Buffon, formant 362 planches d'animaux coloriées, L'Histoire naturelle et raisonnée des différens oiseaux qui habitent le globe, Historia naturalis ranarum nostratium in qua omnes earum. Enfin, les Planches tirées du livre de portraiture pour ceux qui commencent à dessiner de Charles Le Brun permettent d’initier une réflexion autour de la physiognomonie. L’esthétique de La Fontaine Gallica vous propose de consulter le volume 4 du Cours de littérature, à l’usage des divers examens de Félix Hémon. On y trouve une histoire du genre littéraire qu’est la fable, avant et après La Fontaine, une biographie du fabuliste, une analyse de son style ainsi que de nombreux sujets de dissertation. Le chapitre La Fontaine imitateur explique comment le fabuliste s’est approprié le genre de la fable. Un autre ouvrage d’Émile Faguet, Les Grands Maîtres du dix-septième siècle, permet une analyse plus en profondeur de cette esthétique. Faguet y explique que c’est avant tout le rythme, et l’usage de différents vers au sein d’une même fable, qui fait l’art de La Fontaine "Il a connu et a presque révélé l'harmonie du vers pris en soi, du vers considéré comme une phrase musicale,". Faguet évoque aussi le brio de La Fontaine "Dans les Fables, il cause avec la nonchalance aimable d’un entretien familier - mais les parties narratives sont d'une vivacité et d'une brièveté étonnantes. Il y a là des tours qui ont une concision incroyable". Imagination et puissance d’évocation Des fables plus longues Les fables des livres VII à IX témoignent d’une appropriation du genre de la fable par La Fontaine. Délaissant l’inspiration ésopique, le fabuliste se tourne désormais vers le sage indien Pilpay, comme en témoigne l’avertissement de ce second recueil de fables. Des animaux, des hommes et un monde végétal mieux caractérisés Les fables se sont plus longues, abordent plus de sujets, mettent en scène des hommes et animaux plus incarnés. La singularité de La Fontaine s’exprime pleinement. Dans La Fontaine et Buffon, Damas-Hinard rappelle les talents d’observation de La Fontaine. Les fables dépeignent tous les milieux sociaux et le fabuliste adopte le champ lexical et le discours de tous ceux qui peuplent ses fables. Damas-Hinard évoque aussi la concision avec laquelle La Fontaine parvient à dépeindre les animaux, qu’il s’agisse des deux coqs, de la grenouille, du héron. Les animaux sont parfois dotés de noms propres et le Dictionnaire étymologique des noms propres d'hommes permet de comprendre certains choix opérés par La Fontaine. Outre les animaux, La Fontaine personnifie la nature et a recours aux allégories. En ce sens, on pourra consulter De l’allégorie ou Traités sur cette matière. La fiction orientale La Fontaine s’ouvre, dans les livres VII à IX, à de nouveaux thèmes et motifs mythologiques, notamment orientaux. Pour comprendre cet engouement, on pourra lire L’Orientalisme rendu classique en France. Le très complet dictionnaire La Mythologie de tous les temps, de tous les lieux et de tous les peuples et l’ouvrage Histoire de la civilisation ancienne Orient, Grèce et Rome permettent de mieux embrasser la multiplicité des sources de l’auteur classique qu’est La persanes de Montesquieu et les contes philosophiques de Voltaire tels que Candide ou l’Optimisme offrent quant à eux une réflexion sur les pouvoirs de la fiction, et de l’imagination, au service de la dénonciation. Pensées et regards mesurés sur le monde Valeurs et esthétique classiques au service de la réflexion Si elle n’aborde pas directement La Fontaine, L’Étude sur les moralistes français apporte un éclairage sur la morale classique, sur le positionnement de l’intellectuel classique sur la maladie et mort, la tristesse ou l’ambition. Les fables des livres VII à IX apparaissent parfois sous la forme de débats, discours, ou de méditations. Pour comprendre la structure d’un texte classique sur le plan stylistique, nous vous recommandons Rhétorique française, extraite des meilleurs auteurs anciens et modernes dans lequel Matthieu Andrieux évoque aussi bien la clarté et l’efficacité du style que l’importance de la péroraison, ou le naturel dont sait faire preuve La Fontaine. On y trouve enfin une analyse de plusieurs figures de style et de leurs effets. La fable au service de la satire sociale Les fables des livres VII à IX dénoncent aussi bien l’ineptie et la morgue des courtisans, l’absurdité d’un orgueil mal placé, que la cupidité du clergé ou l’incompétence des médecins. Elles portent également un regard sur la politique menée par le Roi-Soleil. Pour apprécier cette dimension satirique, on pourra lire le jubilatoire Essai sur l'art de ramper, à l'usage des courtisans, mais aussi les portraits de Cimon et Clitandre, Arrias ou Giton dans Les Caractères de La Bruyère. Dans Les Fastes de Versailles depuis son origine jusqu'à nos jours, Hippolyte Fourtoul passe en revue de nombreux personnages de la cour évoqués implicitement dans les fables, tels que Colbert ou Mme de Montespan, se penche sur les origines de la disgrâce de Fouquet ainsi que sur la politique extérieure de Louis XIV. L’ouvrage Guerres sous Louis XIV d’Alfred de Villeneuve explique quant à lui le contexte de la Guerre de Hollande. Pour aller plus loin... Mars 1668 les Fables de La Fontaine voient le jour Les sources orientales de La Fontaine Les Fables de La Fontaine sur le petit écran Les Fables à l’école Les éditions pour la jeunesse des Fables de La Fontaine Les Fausses Confidences théâtre et stratagème Préparer le bac de Français avec Gallica Le Malade imaginaire spectacle et comédie La Princesse de Clèves individu, morale et société Le Rouge et le Noir esthétique et valeurs du personnage de roman

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